Avertissement =)

Bonjour à tous et à toutes !

Vous voici sur le blog d'écriture de Sheikhan. Vous y trouverez quelques textes quand je les aurais repostés. Fanfictions ou histoires originales, elles toucheront en théorie des domaines variés.

Je tiens d'ailleurs à vous mettre en garde. Je ne fais pas dans le récit pornographique, cependant j'aborde des thèmes qui peuvent choquer : érotisme parfois, homosexualité ou encore violence. Si cela vous répugne ou si vous avez moins de 15 ans, cliquez sur la croix rouge en haut à droite.

Pour les petits jeunes qui se croient malins en restant quand même (je suis sûr qu'il y en a), assumez les conséquences, mais je ne veux pas entendre parler de vous ni par vous, ni par vos responsables légaux ! Vous n'aviez qu'à obéir.

Bonne lecture !

PS : Découvrez mon site : Eclats d'Air. Il remplacera ce blog et contient déjà plus d'histoires que vous n'en trouverez ici.

Sommaire

        Fanfictions :

One shot :

    - Le Rituel (Général) - Harry Potter

Fiction à chapitres :

    - Promesse brisée (Romance hétéro) [En cours] - Saint Seiya

        Histoires originales :


One shot :

    - Morts dans la neige (Tragédie) [Déconseillé aux moins de 15 ans]
    - Don't worry, Be happy (Slash/Lime) [Déconseillé aux moins de 15 ans]
Mardi 31 mars 2009
Post Mortem


Suite du manga Saint Seiya, prend en compte les évènements de ma fanfiction Promesse Brisée.

Les chevaliers d'or ont détruit le mur des lamentations. Alors qu'ils devraient être morts pour de bon, la destruction du mur les envoie dans une sorte de dimension parallèle où les rejoint Kanon, attiré par leurs cosmos. Les 13 hommes entreprennent alors de retourner sur Terre, mais la tâche est ardue. Quand enfin ils y arrivent, une grosse surprise les attend : 10 ans se sont écoulés, alors qu'il ne leur aura fallu que quelques jours pour réussir à revenir...

Possible yaoi (enfin même s'il y en a, il n'y aura pas que ça), mais la romance ne sera pas le moteur de l'histoire.

Etat :
Prologue en cours d'écriture
Sera publiée : Quand Promesse brisée sera terminée^^
Par Sheikhan - Publié dans : Projets à venir
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Mardi 31 mars 2009
Chapitre 6 : Angoissants mystères

Musiques : Aller sur la playlist

J'ouvris les yeux. Rien. Il n'y avait que du noir. Je sentis des vibrations. Le sol tremblait un peu parfois. Je ne comprenais pas. Je ne savais pas où j'étais. Je tentai de bouger. Je ne pouvais pas. La douleur m'assaillit. Il me semblait que je criais. Je ne m'entendais pas. En fait, je n'entendais rien du tout. Plus de sons, plus d'images, plus de mouvements. J'avais peur. Mon cœur s'emballait. J'essayais de nouveau de me relever. A peine avais-je commencé un mouvement que j'abandonnais. Ça faisait mal, bien trop mal. Je fermai les yeux.

Quelqu'un s'approchait. Effectivement, on cherchait mon pouls sur mon cou. J'essayai de dire quelque chose. Mes lèvres restèrent closes. La main s'en alla. Je me retrouvais à nouveau seule avec moi-même. J'avais peur. J'avais chaud. J'avais froid. Je tremblais. Je voulais de l'aide. Kanon. Où était-il ? Où étais-je ? Toujours devant le bar ?

Une gifle coupa court à mes réflexions. J'avais mal. Ma joue me brûlait. Je geignis. Je souris. Je m'étais entendue. Une autre gifle. Mon sourire se fana. J'essayai de dire d'arrêter. Un troisième coup. Quelques larmes perlèrent au coin de mes yeux et coulèrent sans me demander mon accord. J'ouvris les yeux.

Il y eut un flash. Ça m'aveugla. Je clignai des paupières. J'aperçus un éclat doré sur ma droite. Je tournai la tête. Il y avait un homme. Seul. Assez grand. Couvert d'une lourde armure. Un flash. Je me mis sur le côté. Je le fixai. Il ne faisait pas attention à moi. J'essayais de mieux le voir, mais il faisait trop sombre. Le croissant de lune n'illuminait pas assez. Les lampadaires clignotaient je crois. Je murmurai quelque chose. Je m'entendais mal, comme si ma voix était assourdie. Finalement, je me replaçai sur le dos. Du coin de l'œil, je le vis qui s'approchait.

Il faisait noir. Ça vibrait. J'avais les yeux ouverts. Il faisait toujours noir. Quelque chose explosa. Je sursautai. Je me resserrai contre le métal froid. Du métal ? Je bougeai un peu. La vue me revint. L'homme. J'étais dans ses bras. Il me portait. On tombait. Je me crispai et tentai de ne pas crier. On était sur un autre toit. Je l'observais à nouveau. Il me fixa en souriant, goguenard. Je murmurai une injure. Il me posa. J'essayai de m'asseoir. J'y arrivai. Je m'immobilisai.

Il s'accroupit devant moi. J'étais méfiante. Il s'en fichait. Il leva une main, tendit son index. Je le vis s'avancer au ralenti. J'étais paralysée sans trop savoir pourquoi. Mon cœur battait fort. Je n'entendais que ça. Le doigt pressa un point de mon corps. L'homme se releva et alla vers la rue. Je baissai la tête pour regarder ce qu'il avait fait. Ça ne me faisait pas mal. Je bougeai un bras, puis l'autre. Une jambe. La deuxième. Les doigts. Les orteils. Toute douleur avait disparu.

Je me relevai avec précaution et fis quelques pas incertains. Mes jambes flageolaient. Je tombai à genoux. Je grognai un peu. J'essayai de me relever. Je n'y arrivais pas. J'avançai à quatre pattes jusqu'au bord du toit, côté rue. Il y eut une explosion. Je me couchai, juste derrière le muret. Il y avait de la poussière partout. Je toussai. Je jurai. J'essayai de m'asseoir puis de regarder par-dessus le rebord. J'avais du mal. On m'attrapa par un bras pour me relever. Je me tournai vers celui qui m'avait aidée. Mes remerciements se bloquèrent dans ma gorge. Il affichait bien trop de mépris pour ça.

Je détournai les yeux et fixai en bas. Je reculai brusquement. C'était haut. Trop haut. Je regardai autour de moi. Pas d'escaliers. Juste, à droite, l'immeuble d'à côté. On en venait. A gauche, rien. J'allai voir. Si. Il y avait quelque chose. Un autre toit. Celui d'une maison. Pentu, mais à distance raisonnable. Je tentai d'enjamber le muret pour sauter.

« Reste là. »

Deux mots. Un ordre. La voix était froide. Je frissonnai un peu.

« Je veux descendre.
Fais ce que je dis. »

Je me retournai vers celui qui avait parlé. Il n'avait pas bougé. Il était toujours en train d'observer... quelque chose, dans la rue. Je supposai qu'il était persuadé de mon obéissance et amorçai un mouvement pour quitter le toit. Un bras autour de ma taille. Un bras couvert d'or.

« Qui êtes-vous ? Comment pouvez-vous me rattraper alors que vous étiez si loin ? »

Il me rappelait Kanon. Non. Kanon n'était pas comme ça. Pas si froid. Pas si... effrayant. Mais je ne comprenais pas plus. Comment faisaient-ils ? Se téléportaient-ils ?

« Je n'ai pas le droit de te tuer, mais je peux t'assommer alors reste tranquille. »

Je me figeai. Me tuer ?

« C... Comment ça « pas le droit de te tuer » ? C'est quoi ce délire ? »

On m'avait kidnappée ? Non, c'était stupide ! Je ne connaissais personne d'important, personne de riche. Et puis, on n'enlevait pas les gens pour les promener de toit en toit. Pas en armure. Je devais cauchemarder. Je me pinçai. Je grimaçai. Finalement, je devais être éveillée.

« Saga – ou quel que soit son nom – m'a dit de veiller sur toi. Me complique pas la vie. »

Saga ? Le frère de Kanon ? Ça n'avait aucun sens. Je ne le connaissais pas. Ils ne s'entendaient même pas si j'avais bien compris. Peut-être que l'homme les avait confondu. Mais il connaissait l'autre jumeau alors !

« Qui êtes-vous ?
- Un envoyé du Grand Pope, chevalier d'Athéna.
- Je veux rentrer chez moi ! Maintenant ! »

Pas question de rester plus longtemps avec cet illuminé. Je tentai de me dégager. Sa main me retenait toujours. Il resserra sa prise. Je gémis un peu. Je bougeai encore plus.

Le noir. J'ouvris les yeux sans comprendre. Où étais-je ? Ça me revint. Le toit. J'étais allongée. Assis à côté de moi se tenait celui qui m'avait assommée. J'essayai de bouger silencieusement.

« Réveillée ? »

Il était moqueur. Pas comme Kanon. C'était moins gentil.

« Pourq... »

Un énorme fracas. Le bruit d'une maison qui s'effondre. Deux cris simultanés. Je me relevai brusquement et courus voir ce qui se passait. Un vertige. Je m'arrêtai net. Le retour de ma vue et de mon équilibre. J'allai m'appuyer sur le muret de gauche. Un corps. Inerte. Ensanglanté. Abîmé au-delà des mots. Je détournai le regard, prise d'un haut le cœur.

« Que se passe-t-il bon sang ?!
Ce sont des combats. Habituellement, on les évite en ville, mais ils ne lui ont pas laissé le choix.
 Qui ?
 Les chevaliers renégats. »

Un soupir. Le sien.

« Demande les détails à ton chevalier servant quand il reviendra. »

Je ne répondis pas. Un bruit attira mon attention. Des pleurs. Je retournai en tremblant voir du côté des ruines. L'homme s'activait. Il jetait des pierres plus loin. Sa femme pleurait derrière lui. J'entendis des murmures. Je compris enfin. Leur fille était dans la maison. Je revins près de l'illuminé.

« Je veux descendre les aider ! »

Il soupira. Un instant plus tard, j'avais les deux pieds sur le sol de la rue. Je ne cherchai pas à comprendre et me précipitai auprès du couple. Une pile de débris se souleva soudain et des briques glissèrent sur le corps d'un adolescent en armure. Il se relevait en toussant. Une bonne partie de son visage était en sang et ses protections n'étaient pas en meilleur état. Je fis un pas vers lui pour voir comment il allait. Celui qui m'avait protégée jusqu'à présent se retrouva derrière lui dans la seconde.

« Tu es résistant, mais le jeu est terminé. Adieu chevalier. »

Ledit chevalier tourna la tête vers lui.

« Par les vagues d'Hadès ! »

Le noir. J'ouvris les yeux. Les étoiles. Je tournai la tête. Le toit. Je fronçai les sourcils. L'homme. Je grognai. Il me fixa. Même sans qu'il prononce un mot, je savais à quel point je l'agaçais. J'étais de toute évidence une gène pour lui. A raison sans doute puisque j'étais à nouveau tombée dans les vapes. J'essayai de me rappeler ce qui s'était passé. L'image d'un corps tombant au sol me vint à l'esprit. Après, plus rien.

Je me relevai précautionneusement. Le corps encore engourdi, je ne cherchai pas à me mettre debout dans l'immédiat. A la place, je tendis simplement l'oreille pour essayer de savoir ce qui se passait autour de moi puis, après quelques instants, je me remis sur mes jambes.

« Que... Que s'est-il passé ?
Je l'ai tué. »

Je restai silencieuse. Son ton était tellement froid, tellement calme que je me demandai s'il n'était pas en train de plaisanter. Il m'observa un court instant et ses lèvres s'incurvèrent avec amusement. Un lampadaire clignota un peu et s'alluma complètement, éclairant enfin le toit qui jusqu'à présent bénéficiait seulement des lumières de l'immeuble d'en face. Je le détaillai des yeux. Il avait l'air jeune. Plus jeune que je ne l'avais cru au début. N'excédant sans doute pas les 14 ans, il avait pourtant une stature qui lui conférait plus de présence qu'un simple adolescent. Son armure dorée était assez colorée et le recouvrait quasi entièrement. Il avait clairement de l'allure mais son regard était effrayant : un peu fou, clairement cruel, franchement méprisant. Je déglutis. Son sourire s'agrandit un peu.

« Tu l'as tué ? Qu'avait-il fait ?
Tiens, tu ne me vouvoies plus ? » Je ne répondis pas. « Ma mission était d'achever les renégats. Ton... ami, qui qu'il soit s'en charge à ma place. Et ne me demande pas pourquoi, je n'en sais rien. »

Je refermai la bouche, ravalant ainsi ma question. D'autres me virent pourtant à l'esprit. Pourquoi le garçon semblait à ce point déçu de ne pas s'en charger ? Pourquoi avait-il semblé si heureux d'attaquer le « renégat », un peu plus tôt ?

« Pourquoi... Pourquoi l'avoir laissé faire si c'est ta mission ? »

Je le vis se tendre. Son visage se fit plus dur, sa voix plus tranchante.

« Ça ne te regarde pas. »

Je n'insistai pas et me rapprocha plutôt de la barrière pour regarder dans la rue. A quelques mètres de là, un immeuble semblait sur le point de s'écrouler. Je voyais les habitants en sortirent précipitamment. Quelques pleurs d'enfants étaient portés par le vent, accompagnés de cris et gémissements de leurs parents. Le quartier semblait comme en pleine guerre. La brise que j'avais tellement voulu les jours précédents apportait avec elle les effluves entêtantes et malodorantes de blessures causées par les ravages. L'odeur de sang vous prenait à la gorge, même lorsque comme moi on se tenait au-dessus des trois étages d'un bâtiment.

Je me tournai vers le Calypso. Là-bas on n'y voyait plus grand chose. La sècheresse avait laissé libre cours à la poussière et, avec les... combats, on n'apercevait rien de plus que de la fumée blanchâtre et quelques flashes. De temps en temps, je croyais entendre des cris, mais rien n'était moins sûr. Est-ce que Kanon était là-bas ? Est-ce qu'il s'en sortait ? J'essayais de ne pas trop m'en faire. L'adolescent semblait sûr de sa victoire. Ça me suffisait. En tout cas, je voulais m'en persuader, parce qu'il savait sans doute mieux que moi ce qui se passait.

Je serrai les poings de toutes mes forces et fermai finalement les yeux. Inactive, impuissante, je ne savais plus quoi faire. J'aurais voulu aider, mais j'avais bien conscience que mon gardien ne me laisserait plus descendre avant que le calme ne soit revenu. J'étais donc condamnée à observer les évènements du haut de mon perchoir. Une colère sourde s'empara brusquement de moi.

Puisqu'il semblait que le jeune homme soit contraint de veiller sur moi, j'allai en jouer un peu. Je passai par-dessus la barrière et sans réfléchir une seconde – j'aurais changé d'avis si je l'avais fait, je sautais dans le vide. Il me rattraperait. Il était obligé de me rattraper !

Je fermai très fort les paupières pour ne pas voir le sol se rapprocher. Il me sembla même que je criais.

« Imbécile ! »

Je resserrai mon étreinte, tremblante. Tant pis pour le ridicule de la situation. Portée comme un princesse par son preux chevalier – en l'occurrence, le mien était de mauvaise humeur, j'avais passé les bras autour de son cou et restait accrochée comme une moule à son rocher.

« Tu... m'aurais pas laissé revenir dans la rue.
- De toute façon, on remonte.
- Non !! »

Je commençai à me débattre un peu, même si c'était d'une inutilité impressionnante vu mon manque de force. L'émotion avait sapé le peu d'énergie qu'il me restait encore.

« Et que veux-tu faire ? L'aider ? Tu es faible ! Regarde-toi ! Tu ne peux même pas sauter d'un immeuble sans trembler ! Tu ne seras qu'un boulet pour lui et pour les autres. Tiens-toi tranquille plutôt !
- Il m'avait dit de rester dans le bar. Je veux y retourner ! Lâche-moi maintenant ! »

Et il le fit, sans prévenir. En un clin d'œil, je me retrouvais les fesses au sol. Il avait obéit sans état d'âme et sans se soucier de mon atterrissage.

« T'aurais pu y aller doucement !
- Je ne sais vraiment pas ce qu'il peut bien te trouver pour me demander de te garder en vie. Non seulement tu es totalement inutile, mais en plus tu passes ton temps à te plaindre ! »

Je me remis sur pied sans dire un mot, tentant de garder un air digne dans des circonstances qui ne s'y prêtaient pas vraiment. J'époussetai ensuite mes vêtements et me dirigeai vers mon lieu de travail. Très vite, je passai de la marche à la course jusqu'à me trouver non loin du nuage de poussière. J'hésitais à y entrer quand je me retrouvai brusquement adossée à un mur. Juste devant moi, l'adolescent me faisait face, une main posée à plat juste à côté de ma tête.

« Je ne t'avais pas dis de la garder éloignée de ça ? »

Je sursautai en reconnaissant la voix. A quelques pas de nous se trouvait Kanon, mais il était méconnaissable. L'homme qui était entré dans le bar n'était rien à côté de celui-ci. Droit, le port fier, on lui aurait facilement donné des centimètres en plus tant il était impressionnant. On aurait dit qu'il se dégageait de lui une force mentale hors du commun tant il paraissait sûr de lui. Mais si j'en restai coite, le chevalier d'Athéna, lui, ne garda pas sa langue dans sa poche.

« Tu préfères que je l'assomme pour qu'elle reste en place ?
- Si ça la met hors de danger...
- Kanon ! »

Mon cri ne sembla pas lui faire grand effet. Il me regarda simplement avec sérieux et colère à la fois. Je me croyais pratiquement retournée à l'époque où mes parents me grondaient pour une bêtise quelconque.

« Éloigne-toi, Gaia. Ça vaudra mieux. »

Je voulus protester à nouveau - plus par fierté que par réelle conviction : j'avais horreur qu'on me rappelle à quel point je gênais, toutefois, un autre adolescent débarqua. Essoufflé, les cheveux emmêlés, un filet de sang coulant de sa tempe gauche, il semblait mal en point mais prêt à en découdre avec n'importe qui. Là où je me serais certainement enfuie pour avoir la vie sauve, lui me donnait l'impression d'accepter une mort certaine – parce qu'à voir son état et celui de Kanon, c'était très certainement ce qui l'attendait. Son courage me toucha. J'avais envie de crier à tout le monde d'arrêter ce jeu de massacre inutile, mais en posant mes yeux sur les trois combattants, il était clair que ça ne servirait à rien.

« Amène-la à l'écart. »

Mon gardien hocha la tête et me laisse me décoller du mur. Un instant plus tard, je me retrouvais dans ses bras. Il commença à sauter pour s'éloigner de là via les toitures.

« Another dimension ! »

Je sombrai dans l'inconscience.

---------

Le téléphone sonna. Je grognai un peu et me retournai dans mon lit, fermement décidée à continuer ma nuit. Malheureusement, la sonnerie stridente dont la source ne se trouva même pas à un mètre de moi ne cessa pas. Je tendis le bras et avança la main à tâtons jusqu'à décrocher le combiné. En même temps, j'ouvris un œil et souris un peu en voyant les murs de mon appartement. Mon cauchemar n'était finalement que ça.
Par Sheikhan
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Mercredi 4 mars 2009
Fandom : Harry Potter
Merci à Tsuyu et ma mère de m'avoir aidé à trouver quelques raisons de vivre pour la miss.

Vingt-trois heures. L'heure d'y aller. La jeune fille repoussa ses couvertures et écarta son rideau sans bruit. Le rituel pouvait commencer.

Elle posa un pied au sol puis, moins de deux secondes plus tard, le deuxième. De sa main droite, elle chercha sa baguette enfouie sous son oreiller et métamorphosa ses vêtements. Elle se leva, fit quelques pas et se retourna. Ses camarades de chambre dormaient. Parfait. Qu'elles soient réveillées aurait gâché sa soirée.


Elle fit demi-tour et franchit la porte pour gagner la salle commune. Deux élèves y discutaient à voix basse. C'était toujours les mêmes. Elle les salua d'un signe de tête qu'ils lui rendirent avant de se replonger dans leur conversation. L'adolescente les quitta pour sortir dans le couloir. Elle fit quelques pas et bifurqua, empruntant le chemin qui la menait à un petit escalier bien caché. Rusard ne connaissait pas le passage couvert par une grande tapisserie, elle gagnait un peu de temps.


Elle grimpa les marches deux à deux, ses longs cheveux auburn battant la cadence sur ses reins. Elle arriva vite au rez-de-chaussée. La jeune fille se pressa quelque peu pour rejoindre les escaliers magiques. C'était toujours risqué, mais elle ne pouvait pas faire autrement. Bientôt, le concierge passerait par ici. Elle adressa une prière à Merlin pour ne pas se faire prendre et courut en montant. Elle se baissa d'un coup.


Le vieux concierge qui patrouillait venait d'arriver, deux étages en-dessous. Bien cachée derrière les rambardes, elle l'observait. Il n'avait aucune de grâce. Elle en aurait presque détourné le regard si veiller à ce qu'il ne modifie pas son parcours l'intéressait autant, mais il continua sa route comme prévu. Elle sortit un morceau de bois de sa robe sorcière, sa baguette. 30 centimètres, bois de rose, un crin de licorne à l'intérieur. Elle en était très fière.


« Tempus. »


Sa voix s'éleva dans le silence, à peine plus forte qu'un murmure. Quelques étincelles jaillirent du bout de sa baguette et des chiffres en filaments dorés apparurent dans l'air. Elle secoua la longue tige pour les faire disparaître. 23h15. Elle reprit son chemin vers la tour d'astronomie. Arrivée au cinquième étage, elle se jeta un sort de désillusion. Miss Teigne était dans les parages, elle en avait parfaitement conscience. Contrairement à ce que les élèves semblaient penser, la chatte avait un parcours fixe, à l'instar de son maître. Il suffisait de le retenir pour s'en sortir.


La demoiselle ôta le sort un peu plus tard, après que l'animal soit passé. Elle sortit de sa cachette et recommença à marcher, pressant un peu le pas pour respecter son horaire. Un léger sourire apparut sur son visage trop pâle, rendant leur éclat à deux pupilles d'un bleu profond. Draco ne devait plus être très loin.

Trois semaines auparavant, il avait eu vent de son rituel. Au lieu de la punir, il l'avait laissé faire. Il avait tout de même failli la faire arriver en retard, mais elle lui avait pardonné en voyant qu'il ne la sanctionnait pas. Depuis, il se contentait de finir son tour ici, pour être bien sûr qu'elle ne tarderait pas trop à partir. Mais il n'y avait aucun risque. Elle n'aurait jamais une seconde de retard. Même malade, elle respectait scrupuleusement les trajets et le temps qu'elle devait leur accorder.


Et effectivement, quelques mètres plus loin, elle croisa le blond adossé à un mur. Il lui adressa un demi-sourire, sans pour autant décocher un mot. Elle-même lui fit un signe de tête et étira les lèvres, découvrant ainsi une rangée de dents blanches presque parfaitement alignées. Puis elle relança le sort pour obtenir l'heure. Quelques minutes de libre restaient encore avant qu'elle n'ait à entrer dans la salle. Elle s'assit donc sur la dernière marche, les yeux rivés sur le bas des escaliers, oreilles aux aguets. On entendait au loin les hululements des hiboux et quelques bruissements provenant de la forêt interdite. Elle aurait aimé s'y rendre juste une fois, mais ce n'était évidemment pas possible.


Les minutes s'égrenèrent. Elle se releva tel un automate lorsque l'heure arriva. Les habitudes prises faisaient qu'il ne lui était pas difficile de savoir quand il était 23h30. Sans plus un regard pour le préfet, la jeune fille poussa la porte de la salle qui l'accueillait tous les soirs et la referma doucement derrière elle. Elle s'appuya ensuite sur la battant et observa tout autour d'elle.


La pièce était moyennement grande, sombre et poussiéreuse. Quelques tables - restes de ce qui fut une salle de classe un jour - se trouvaient de-ci, de-là. On ne devinait plus les rangées. Un vieux fauteuil trônait aussi dans un coin, ainsi que des bancs de bois. Le plus impressionnant était certainement les toiles d'araignées en grand nombre et les traces de pas dans la poussière. Une sorte de chemin rendu plus sombre grâce à l'absence de particules grises laissait deviner l'itinéraire que la verte et argent empruntait de façon quotidienne. Elle fit alors quelques pas, jusqu'à rejoindre une chaise bancale sur laquelle elle s'assit, face à une fenêtre.


« Aujourd'hui comme chaque jour, Aurora se demande quel est le but de sa vie. »


Elle se tut un court instant, positionnant ses mains sur ses genoux. Le dos bien droit, la tête parfaitement dans l'axe du reste de son corps, la jeune fille venait d'opter pour la première position de son rite.


« Christopher doit être puni, mais elle se demande si la vengeance est sa raison de continuer. »


L'air indifférent, elle récitait un discours déjà bien rôdé.


« Son frère ne mérite pas la chance que le Seigneur des Ténèbres lui accorde, mais comment peut-elle l'atteindre ? Aurora n'est qu'élève. Une élève seule qui ne sait pas faire grand chose. Elle sait pourtant que sa famille doit être vengée. Oui, Christopher doit mourir, mais avant, il doit comme elle perdre ce qu'il aime. Ceux qu'il aime. »


Elle serra les poings sur ses cuisses, sans pour autant que l'expression de son visage n'en souffre. Il gardait sa neutralité coutumière.


« Hier... Hier, Aurora a réfléchit. Aurora a une idée. »


Sa voix se fit murmure. Elle se pencha très légèrement, comme pour glisser ses secrets à l'oreille de quelqu'un.


« Aurora sait dorénavant comment venger sa famille, mais elle a peur. Christopher est un bon fidèle. Le Seigneur des Ténèbres n'appréciera peut-être pas qu'elle le tue. Peut-être... Peut-être Le rejoindra-t-elle, en remplacement. Non... Non, elle ne le tuera pas finalement. »


Un sourire inquiétant apparut sur ses lèvres alors qu'une lueur mauvaise s'allumait au fond de ses yeux bleu cobalt.


« Comme Aurora, il n'aura plus de toit accueillant. Plus de câlins en rentrant. Il n'aura plus personne. Oh non ! Plus personne. Beth... Beth et Petit Neveu. Ils ne seront plus là. Son frère ne sourira plus. Son frère comprendra. Il comprendra pourquoi elle lui en veut ! Père et Mère ne devait pas mourir. Non, pas mourir... »


Elle se leva brusquement, mais retint la chaise qui basculait d'un geste précis. Elle la reposa doucement contre le sol et alla s'appuyer sur le rebord de la fenêtre. A ses pieds, un mince chemin dénué de poussière était visible.


« Mr Snape a dit que la potion était mortelle. Il a dit quand le Gryffondor a raté son chaudron que n'importe qui ingurgitant ça mourrait en souffrant horriblement. Aurora a essayé sur un rat. Ça marche. Ça marche vraiment. Harrold et Beth rejoindront Père et Mère bientôt. Demain. Demain... Dans une jolie fiole. Un cadeau. Un cadeau de Christopher ! »


Elle se retourna vers l'intérieur de la salle et retourna s'asseoir.


« Aurora a jeté des sorts du livre de potions. Le poison n'aura pas de goût. Le poison n'aura pas d'odeur. Mais ce sera douloureux, très douloureux. Très long. Et son frère verra. Son frère ne pourra rien faire ! Oh oui, son frère souffrira. Même s'ils n'étaient pas de bons fidèles de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcé-le-nom, Père et Mère ne devaient pas mourir ! »


Elle se souvenait. Elle se souvenait qu'ils n'avaient finalement pas grand chose contre les Sang de Bourbe. Son frère avait vu Père avec une née moldue. Il la protégeait. Il la cachait alors que le Seigneur des Ténèbres lui avait demandé de la tuer. La cinquième année inspira profondément.


« Après ça... Après ça, Aurora ne sait pas. Elle continuera ses études bien sûr. Bien sûr. Elle l'a promis. Elle a dit à ses parents qu'elle finirait par devenir aussi bonne en potions que Mr Snape. Oh comme ils seront fiers d'elle, là-haut ! Et le professeur aussi sera fier, même si elle le dépassera ! Elle inventera des potions très puissantes. Des potions contre toutes sortes de maladies ! »


Elle ferma les yeux, un sourire béat aux lèvres.


« Et elle fera avec ses élèves comme Père faisait avec elle. Elle leur apprendra à mélanger les ingrédients, à suivre des recettes précises. Elle leur apprendra à couper en fine lamelle, à veiller sur les liquides, à admirer les couleurs et comprendre pourquoi ce sont elles et non d'autres qui apparaissent. Elle leur apprendra ! Et ils l'aimeront. Les élèves aimeront Aurora ! Ils seront plus gentils que ses camarades de classe. Ils viendront la voir. Ils lui feront des cadeaux en remerciements de ce qu'elle leur apprend. »


La jeune fille se mit à rêver quelques instants. Elle se voyait entrer dans le cachot des cours de potions. Elle serait grande, jolie, admirée. Le silence se ferait et les lèves sortiraient leurs affaires. Elle dirait quelques mots, ils l'écouteraient avec avidité, buvant ses paroles comme d'autres avalaient de la Bièraubeurre. Elle agiterait alors sa baguette et sur la tableau noir s'inscriraient ses instructions que les adolescents suivraient sans se plaindre, en faisant attention.


« Et puis un jour, quand Aurora voudra faire autre chose, elle choisira un remplaçant et elle parcourra le monde. Elle ira dans les réserves de dragons et fera comme le Survivant. Elle fera la course avec l'une des créatures sur son balai et elle récupèrera un œuf. Mais elle le lui rendra, parce qu'Aurora aime les dragons. Elle sait qu'il ne faut pas voler les œufs, sinon ils ne peuvent pas naître. »


A nouveau, elle se tut. Ses yeux dérivèrent vers l'extérieur. Elle observa la lune. Elle était ronde, lumineuse et si belle. Comme ce jour-là. Comme quand elle était rentrée et qu'elle avait vu son frère seul, avec Père et Mère couchés à ses pieds. La Serpentarde sentit ses yeux s'humidifier. Elle renifla et reprit d'une voix mal assurée.


« Mais d'abord... D'abord Aurora doit venger sa famille. Demain. Oui, demain... »


Elle se leva enfin et épousseta ses vêtements. Sa main alla chercher sa baguette. Elle murmura le sort pour connaître l'heure. Un quart d'heure s'était écoulé depuis qu'elle était entrée. Il était temps de sortir maintenant. Ses pieds commencèrent à avancer, empruntant à nouveau le tracé trop net sur le parquet, mais ils se butèrent contre un obstacle imprévu. De surprise, la jeune fille en lâcha sa baguette magique. Ses grands yeux s'ouvrirent un peu plus sous l'étonnement. Un instant après, elle murmurait avec affolement :


« Non ! Non ! Trewlawney l'a dit. Mauvais présage. Mauvais présage. L'imprévu bouleversera les plans d'Aurora. Non. Aurora ne veut pas. Baguette ! Baguette, viens là ! »


Elle se laissa tomber à genoux et se mit à quatre pattes pour récupérer la tige de bois qui avait glissée sous une armoire. Une fois l'objet en main, elle la serra contre son corps, se balançant doucement pour calmer les battements de son cœur. Un instant plus tard, elle revérifiait l'heure. Il était encore temps, elle se dépêcha de sortir et se retrouva nez à nez avec le préfet. Le blond l'inspecta un moment, plissant le nez lorsqu'il aperçut la poussière grisâtre accrochée à sa robe. Finalement, il s'en alla sans un mot. Il le savait, elle rentrerait toute seule. Et, effectivement, elle emprunta le même chemin qu'à l'aller, mais en se pressant. Quand elle s'endormit, le visage détendu comme tous les autres soirs, il était minuit pile.

Par Sheikhan - Publié dans : One shot
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Mardi 3 mars 2009

Titre : Promesse brisée

Auteur : Sheikhan

Disclaimer : J’ai beau soudoyé Masaki Kurumada ET les personnages de Saint Seiya, ils ne sont pas à moi… Les autres persos comme Syna, Zoe et Gaia m’appartiennent en revanche. Merci à ma Lu' pour la correction du chapitre !

Musique écoutée pour le chapitre (en particulier pour le slow) : Assassin's Tango de John Powell (vient du film Mr & Mrs Smith)

 

Chapitre 5 : Révélations et surprises


« Dansez ! »

Le silence envahit le bar. Zoe avait stoppé le mouvement amenant son jus de fruit à ses lèvres. Kanon levait les yeux vers la blonde, délaissant son soda. Moi, j'avais failli en lâcher le verre que j'essuyais. De son côté, Syna semblait fière de son idée et un peu éméchée. Un peu était même un euphémisme. Grande fêtarde qui ne concevait pas une soirée sans alcool, elle s'était fait un plaisir de goûter la vodka et d'en redemander. Mon oncle serait ravi, grâce à elle la soirée était exceptionnellement bonne.

« Syna...
- Dansez ! Allez ! Juste un slow ! »

Je ne savais pas quoi faire. Un slow, ce n'était rien, mais quand même. De son côté, mes deux amies se firent un sourire complice et se firent un devoir de nous montrer l'exemple. Je les voyais venir, à vouloir jouer les marieuses ! Si je ne me rappelais pas pourquoi je ne voulais pas qu'elles voient celui avec qui je passais la plupart de mes soirées, là je m'en souvenais. Je serrais les poings, bien à l'abri derrière mon comptoir. Mon regard glissa jusqu'à Kanon, qui finissait finalement sa boisson en regardant le « couple » qui s'amusait entre les tables.

Un mince sourire apparut sur mon visage. Toute mauvaise humeur semblait éloignée. Syna avait essayé d'amuser le plus possible mon client préféré, lui arrachant de plus en plus de sourires au fur et à mesure. Ils avaient discuté, longuement et finalement il avait rejoint sa place habituelle. Un petit soupir de soulagement m'avait échappé à cet instant, comme si le fait que tout rentre dans l'ordre m'ôtait un poids. Je les avais regardés de loin, lançant quelques phrases parfois, plus assurée que je n'avais pu l'être jusqu'alors en présence du jeune homme.

Il n'y avait qu'une seule ombre au tableau. Zoe se mordillait les lèvres en l'observant, pensive. Je n'aimais pas lorsqu'elle avait l'esprit ailleurs. Douée d'un sens de déduction assez exceptionnel et d'une compréhension de l'être humain qui m'échappait totalement, elle avait rarement tort lorsqu'elle se méfiait de quelqu'un. Son instinct nous avait permis à plusieurs reprises de nous sortir de situations délicates. Et à cela s'ajoutait la même phrase qui, de temps en temps, me revenait en mémoire. Reste éloignée de lui.

« Gaia, tu rêves au Prince charmant ? »

Je sursautai, brusquement ramenée à la réalité. Syna agitait sa main devant moi, un sourire goguenard bien accroché aux lèvres. Je fronçai les sourcils.

« Tu le fixes depuis tout à l'heure.
- Ça suffit ! »

Je m'étais surprise moi-même en criant, mais la lueur amusée que j'avais perçue au fond des yeux de Kanon après les paroles de mon amie m'avait agacée. Puisqu'elle ne savait pas se tenir et comptait me compliquer la vie, je décidai de mettre un terme à tout ça.

« Les filles, je vous aime bien. Loin de moi l'idée de vous éjecter du bar, mais contrairement à moi, demain, vous avez cours tôt. »

Ceci était, et je le dis sans sourciller, l'excuse la plus foireuse qu'il m'ait été donné de prononcer. Elles ne furent évidemment pas dupes, mais la brune eut la bonne idée de bâillonner de sa main notre amie.

« Tu n'as pas tort. Allons-y Syna. A une autre fois Kanon. »

Il les salua d'un signe de tête alors que je les raccompagnais jusqu'à la porte. Prise d'une inspiration subite, je me retournai d'un coup pour me retrouver nez-à-nez avec le jeune homme. Ma respiration se bloqua alors que mon cœur s'emballait brusquement. Quelques mèches de cheveux à lui vinrent chatouiller mon visage. Il se penchait. J'inspirais finalement, humant son odeur tandis qu'il me murmurait quelques mots à l'oreille.

« Finalement, ça ne te tente pas, un slow ? »

Que répondre à ça ? Sur le coup, l'idée paraissait tout de suite plus attrayante.

« P... Pourquoi pas.
- Je vais changer la chanson alors. »

Sa voix était basse et grave. Suave. Je déglutis en hochant la tête. Qu'il aille changer la musique, je voulais respirer. Je l'entendis s'éloigner doucement et toucher à la chaine hi-fi.

« Tu viens ? »

De nouveau, il était devant moi. Un sourire charmeur accroché aux lèvres, il me tendait la main en attendant que je la prenne. Je jouai le jeu et la saisis, alors qu'il m'attira à lui. Sa main glissa le long de mon bras alors que j'avais passé les miens autour de son cou. Je me rapprochai un peu plus tout en essayant de ne pas frissonner au contact de ses doigts qui glissaient le long de mon corps pour s'arrêter à ma taille.

Nous commençâmes à bouger, doucement, sensuellement. Presque amoureusement. Les yeux dans les yeux, nous dansâmes sans prononcer un mot. Peut-être nos regards parlaient-ils pour nous, mais j'étais heureuse qu'il ne fasse pas le moindre commentaire. Là, dans ses bras, j'étais bien. Rien au monde n'aurait pu me donner envie de briser cet instant où, enfin, nous étions seuls sans que la moquerie ne gâche les choses.

La musique s'arrêta presque aussi calmement qu'elle avait démarré, mais nos pas nous guidaient encore et c'était sur un air inaudible pour d'autres que nous que l'on dansait alors. Je n'aurais pas su dire combien de temps cela dura, mais nous restâmes ainsi un long moment, jusqu'à ce que la chaine hi-fi ne fasse un bruit suspect. Les battements de mon cœur s'intensifièrent à mesure que je retournai sur Terre et je m'éloignai finalement de Kanon sans vraiment me presser.

« Je... Je vais fermer le bar. On ne sera pas dérangés comme ça. »

Il se contenta de hocher légèrement la tête en signe d'approbation et me lâcha. Un léger frisson me parcourut. L'endroit où se trouvait ses mains peu avant était maintenant sujet aux courants d'air. J'avais froid.

Je me retournai sans le regarder et alla droit vers la porte, dissimulant au mieux le tremblement de mes mains, même si le tintement des clés lorsque je les pris dans ma poche n'était pas des plus discrets. Il me fallut un peu de temps avant de réussir à fermer et je restai quelques secondes de plus face à l'extérieur où la nuit était tombée. La rue faiblement éclairée était maintenant déserte. J'en étais soulagée. L'idée que quelqu'un ait pu assister à la scène précédente me déplaisait profondément.

« Je peux me servir un autre verre ?
- Hum, oui. C'est moi qui offre. »

Je répondis sans me retourner, puis finalement fis demi-tour sur place pour le regarder se mouvoir derrière le comptoir. A force de m'avoir vu agir, il semblait savoir précisément où aller et quoi faire. Un léger sourire naquit sur mes lèvres alors que je me mis à ranger correctement les chaises et remettre les tables à leur véritable place. La seule que je ne touchai pas fut la sienne. J'avais l'habitude de ne m'en occuper qu'une fois Kanon parti.

De son côté, je l'entendais se rapprocher de moi. Les glaçons s'entrechoquaient dans son verre. Dans ses verres, rectifiais-je alors qu'il passa un bras autour de moi. Le liquide ambré ne laissait guère de doute sur la boisson. A nouveau, mes lèvres s'étirèrent doucement alors que je m'emparais de ce qu'il me tendait.

« Celui-là je te le paie.
- Je travaille tu sais. »

Un contact furtif dans le creux du cou me fit presque lâcher ce que je tenais. Ses lèvres s'approchèrent ensuite de mon oreille. Je sentais son souffle chaud contre ma peau.

« Tu viens de fermer le Calypso. Ton oncle ne devrait pas t'en vouloir.
- Tu le connais d'ailleurs ?
- Pas que je sache.
- Tu n'as aucun Sacha dans ton entourage ?
- Sacha ? »

Je sursautais. Son ton s'était fait soudainement plus sec. Un instant de silence s'écoula. Il reprit bien plus calmement.

« Ça ne me dit rien. Pourquoi toutes ces questions ? »

Que devais-je lui dire ? Que mon oncle m'avait demandé de rester loin de lui ? Je n'en étais pas capable de toute façon. Rien qu'à le sentir si proche de moi, alors que j'étais encore dos à lui, je n'arrivais pas à retrouver tous mes esprits.

« Rien d'important. Tu ne me parles jamais de toi.
- Que veux-tu savoir ? »

Je restai sans voix quelques secondes puis me tournai vers lui, heureuse qu'il se décide enfin à ne plus esquiver mes questions.

« Je ne sais même pas quel âge tu as, ni ce que tu fais, ni d'où tu viens. Tu ne me parles pas non plus de ta famille. Enfin... En somme, il y a beaucoup de choses que j'aimerais savoir. »

Je ris doucement et trempai mes lèvres dans ma boisson. La brûlure de l'alcool me rappela que ça faisait déjà longtemps que je ne buvais plus.

« Effectivement... »

Je le regardai s'asseoir à sa place habituelle et tapoter ensuite la table pour que je l'y rejoigne. Je m'exécutai sans me faire prier.

« Je ne pourrais pas toujours te répondre précisément tu sais.
- Tu es amnésique ? »

Il hocha négativement la tête, l'air amusé.

« Non, mais... Tu sauras peut-être plus tard. Pour le moment, je préfère que certaines choses restent sous silence.
- On croirait que tu es un tueur à gage ! Tu ne l'es pas rassure-moi ?
- Non, je suis général.
- A ton âge ? Enfin, c'est vrai que tu ne m'as pas dit ça non plus.
- Je n'ai que 21 ans, mais je ne suis pas dans l'armée. En fait, c'est un peu... compliqué. Je travaille pour un homme très riche dont le... système de sécurité, appelons ça comme ça, est dirigé par sept généraux. Eux-mêmes suivent les ordres d'un général en chef, en l'occurrence, moi.
- Ça reste jeune pour une telle fonction.
- Disons que la relation entre mon patron et moi est un peu particulière. Il me doit beaucoup, alors ça a joué.
- Il est de ta famille ?
- Je n'ai plus de famille. Mes parents sont morts alors que j'étais très jeune. Je ne me souviens pas vraiment d'eux. Je suis resté seul avec mon jumeau, Saga, durant quelques temps dans un orphelinat. Un homme nous a pris sous son aile plus tard. On a appris beaucoup auprès de lui, mais ses méthodes et points de vue ont créé quelques... divergences entre mon frère et moi. Finalement, je me retrouve seul.
- Oh... Désolée d'avoir abordé le sujet. »

Il fit un mouvement de la main, comme pour balayer mes excuses.

« Tu n'aurais pas pu savoir sans que je t'en parle de toute façon.
- Hum, c'est assez juste. »

Je gardais le silence, buvant le reste de mon verre. Les yeux dans la vague, je réfléchissais à ce qu'il m'avait dit. Il était malgré tout resté assez évasif, mais j'en avais appris plus sur lui durant ces quelques minutes que durant les mois passés.

« Tu veux encore boire quelque chose ou je peux nettoyer ?
- Ça ira pour ce soir. Tu veux que je fasse la vaisselle ? Je t'ai retenue tard cette fois.
- Ce n'est pas de refus. »

Nous échangeâmes un léger sourire, puis je me levai. J'allai chercher un chiffon et du produit pour nettoyer le comptoir alors que Kanon s'occupait des derniers récipients laissés dans l'évier. Tout à ma tâche, je ne prêtais bientôt qu'une attention distraite à ce qu'il faisait, fermement décidée que j'étais à en finir une bonne fois pour toute avec les corvées d'avant fermeture complète du bar. Sa présence derrière moi alors que j'en finissais avec les tables me fit sursauter, surtout lorsque ses mains sur mes hanches m'obligèrent à me retourner.

« Kanon ? Laisse-moi donc finir...
- Tu es si pressée que je m'en aille ?
- N... Non.
- Ça tombe bien, moi non plus.
- Tu n'es pas un peu... trop près ?
- Pas encore assez si tu peux parler. »

Son visage était à quelques centimètres du mien. Je lâchai finalement le chiffon qui tomba au sol dans un bruit sourd. Hypnotisée par ses lèvres qui s'approchaient des miennes trop doucement à mon goût, je m'appuyais sur la table pour l'embrasser. Une demi-seconde plus tard pourtant, il relevait la tête. Je restai hébétée un court instant et levai les yeux vers lui. Son visage auparavant doux avait retrouvé toute la dureté qu'il avait lorsqu'il était arrivé. Je tournai la tête pour regarder vers la porte sans comprendre, alors qu'il se détachait complètement de moi.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Il se dirigea droit vers l'entrée sans répondre. Je voyais ses yeux fureter à l'extérieur, alors qu'il fronçait les sourcils peu à peu.

« Kanon ?
- Ouvre. »

Je restai sans réagir.

« Gaia, s'il te plait. »

Un soupir plus tard, j'insérais la pièce de métal dans la serrure et déverrouillai la porte.

« Reste à l'intérieur. Surtout, tu ne sors pas. »

Je n'avais jamais été connue pour mon extrême obéissance. Je le laissai donc s'éloigner, un peu inquiète puis fis quelque pas à l'extérieur. Plus loin dans la rue, je vis trois silhouettes faire face à Kanon, lequel semblait recouvert d'une armure que ses cheveux ne suffisaient pas à cacher. Je plissai un peu les yeux pour mieux voir, restant tout de même à bonne distance quand d'un coup, ils disparurent de ma vue. Et je m'évanouis.

Par Sheikhan
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Samedi 28 février 2009

Titre : Promesse brisée

Auteur : Sheikhan

Disclaimer : J’ai beau soudoyé Masaki Kurumada ET les personnages de Saint Seiya, ils ne sont pas à moi… Les autres persos comme Syna, Zoe et Gaia m’appartiennent en revanche.


Chapitre 4 : Avertissement et rencontre au sommet


Je n'avais pas dormi de la nuit, tournant et retournant dans mon lit, la tête enfouie dans l'oreiller. Mes pensées déviaient sans cesse vers les évènements de l'après-midi et la venue de Kanon le soir, au bar. Il ne s'était pas changé d'ailleurs et s'était comporté comme il l'avait toujours fait sur mon lieu de travail. J'avais vraiment du mal à comprendre. Plus les minutes passaient, plus je me demandais ce qui ne tournait pas rond avec lui, avec moi. Il y avait clairement quelque chose d'indéfinissable et je ne parlais pas là de mes sentiments.


Je soupirai.


Mes yeux se posèrent sur le plafond dont j'admirais les tâches grâce à la lumière des lampadaires. Étendue en étoile, je n'arrivais pas à m'ôter de la tête qu'il aurait pu répondre à mes questions, me dire ce qui clochait chez moi. Je n'y avais pas pensé sur le coup, parce que ses réactions à lui m'avait bien trop occupé l'esprit. Seulement... Il n'avait vraiment pas semblé effrayé par l'explosion de la carafe. Juste surpris. Juste comme mon oncle.


Mon oncle... Peut-être qu'il saurait, lui. Je ne lui en avais jamais parlé, mais peut-être qu'il comprendrait mieux que moi ce qui m'arrivait. Je souris dans la nuit. J'irai le voir le lendemain.


Puis mes yeux se fermèrent.


***


« Gaia ! »


Je me retournai pour voir qui venait de m'appeler. Syna, appuyée contre une vitre du bus me faisait de grands signes de la main. A côté d'elle, Zoe me salua d'un signe de tête. Nous n'étions pas particulièrement du genre à se faire la bise. Je ne sais pas très bien à quoi c'était du pour elles, le sujet n'était jamais abordé. De mon côté, j'associais toujours à ce geste une certaine hypocrisie. Un héritage familial...


« Les filles ! J'ai reçu ta lettre au fait Zoe. Jolie photo !

- Merci. Tes vacances se sont bien passées ? »


J'observais la brunette sans répondre. Ses longs cheveux bruns étaient rattachés dans une queue de cheval haute. Seules quelques mèches entouraient son visage, plus mat que jamais. Elle avait du prendre le temps de bronzer, bien plus que moi en tout cas même si j'étais fière de ma peau halée. Zoe n'avait jamais été un premier prix de beauté, mais il y avait quelque chose en elle qui charmait, sans doute son assurance tranquille. On la voyait assez peu hausser le ton ou même s'énerver. Toujours discrète, elle reconnaissait elle-même être une fille de l'ombre, laissant la lumière à notre amie commune. Pourtant, elle était populaire dans notre fac et n'aurait eu aucun mal à se mettre en couple avec un beau jeune homme si elle ne l'était pas déjà avec l'une de ses camarades de classe de maternelle.


« T'es trop silencieuse Gaia. Alors, tes vacances ?! Elles étaient bien ? Pourquoi tu dis rien, tu t'es mariée sans prévenir ? »


Je souris franchement. Ma blonde amie – qui avait horreur de cette appellation – ne pouvait s'empêcher de s'imaginer tout un tas de choses dès qu'on ne répondait pas assez vite. Généralement, ça tournait autour du même thème : l'amour. Je ne lui avais pourtant jamais porté chance. Si elle avait voulu se lancer dans une carrière de voyante, elle aurait eu tout intérêt à ne pas me mentionner sur son CV. Jusqu'à présent, avec moi, elle avait toujours eu tort.


« Mes vacances étaient... sympas oui, mais je ne me suis pas mariée par contre. Le prince charmant ne m'a pas fait l'honneur de sa rencontre – ou alors il s'est déguisé et a fui en me voyant.

- Ah ? Il n'est pas revenu au bar alors ? Dommage ! J'aurais bien aimé le voir, moi, ton fameux inconnu !

- Il s'appelle Kanon. »


Je la vis plisser les yeux en me fixant. Et je compris. Je ne leur avais pas dit que je l'avais revu, mais jusqu'à présent, je ne connaissais pas son nom. Je n'aurais pas du le savoir cette fois-là et curieuse comme elle était, elle ne me lâcherait pas. Pourtant, je ne voulais pas leur dire. Je ne voulais pas leur expliquer ce qui s'était passé. C'était étrange, parce que je leur avais toujours tout dit. Toujours. Je me décidais à mentir quand Zoe me coupa l'herbe sous le pied.


« Syna, ne commence pas. On arrive en plus. Elle nous dira ça plus tard. »


Effectivement, le véhicule venait de s'arrêter devant notre arrêt. Je descendis la première, tentant de me faire une place dans la foule, puis je m'éloignais discrètement pour attendre mes deux amies. Observant autour de moi, je crus déceler une longue chevelure bleue dans la foule, mais en me dirigeant vers l'endroit, il n'y avait plus personne. J'avais probablement rêvé.


« Te sauve pas enfin, on a failli te perdre de vue !

- Ah. Pardon, j'ai cru voir quelqu'un que je connaissais.

- Le fameux Kanon ?

- Arrête tes âneries ma blonde amie. Il ne sait même pas où je vais à la fac.

- Oh ! Tu lui as pas dit ? C'est bête. D'ailleurs, tu l'as revue où ? Au bar ?

- Oui. »


Je préférais ne pas m'étendre sur le sujet. Il était effectivement venu au Calypso plusieurs fois durant la semaine précédente. A chaque fois, je n'avais pas pu cesser de repenser à ce que mon oncle m'avait dit. J'avais essayé de garder un peu de distance aussi, malgré mon envie de le connaître un peu plus. Mais la même phrase revenait encore et encore dans ma tête. Je ne savais plus quoi faire.


« Les filles, si vous voulez qu'on ait une place dans l'amphi – une place potable je veux dire – on ferait bien de se dépêcher. »


Je gratifiai Zoe d'un regard reconnaissant et me mit en marche. Il fallait que je cesse d'y penser. Je n'allai pas avoir la tête à travailler, sinon.


***


Je n'avais effectivement pas eut la tête à faire ce qu'on me demandait dans la journée. Le premier cours s'était avéré soporifique au possible – j'avais presque oublié à quel point le professeur pouvait être ennuyant. Le second était normalement plus intéressant, mais entre mes soupirs pas toujours discrets et mes gribouillages sur mes feuilles, on ne pouvait clairement pas dire que j'avais suivi. J'avais du recopier sur Zoe durant la pause de midi.


L'heure de cours de la deuxième partie de la journée n'avait été guère mieux, même si j'avais du faire un effort. Après nous étions parties en ville. Je n'avais jamais eu la folie du shopping, contrairement à mes deux comparses. Heureusement d'ailleurs, puisque j'avais pu réfléchir tranquillement. C'était à peine si elles s'en étaient rendues compte, perdue qu'elles étaient dans leurs essayages.


Puis le soir était venu et avec lui la volonté de mes amies de venir au bar. Elles espéraient, je crois, voir qui était l'homme au whisky comme on l'avait longuement surnommé. J'avais beau leur dire qu'il ne venait que tard, très tard, elles persistaient. Et à mesure que le temps passait, je me désespérais.


J'attendais toujours avec impatience qu'on approche de l'heure de fermeture pour le voir venir. Ce jour-là cependant, j'aurais donné beaucoup pour que ce ne soit pas le cas. Je ne m'étais jamais trouvé particulièrement belle. Objectivement, je ne l'étais pas. Face à Syna et Zoe, je n'avais jamais fait le poids. Où que l'on aille, les garçons se tournaient vers elles. J'étais la cinquième roue du carrosse. Je ne leur en avais jamais voulu pour ça, ce n'était pas comme si elles y pouvaient grand chose, mais je ne voulais surtout pas qu'il les voit. Et la peur qu'il s'intéresse à elles plutôt qu'à moi ne me quittait pas.


Ce fut donc le ventre noué que j'entendis le bruit caractéristique de la porte lorsqu'elle s'ouvrait. Mon premier réflexe fut de regarder l'heure. C'était la sienne, alors je m'autorisais un léger sourire avant de tourner les yeux pour croiser les siens. Ce que j'aimais tellement d'habitude, c'était l'amusement qu'ils contenaient. Il avait toujours l'air content de venir, content de savoir que le reste de la soirée serait agréable. Cette fois-là, non.


Exceptionnellement, le bar était encore occupé. Deux garçons discutaient dans un coin. On les entendait peu, mais ça semblait animé. Depuis une bonne heure déjà, je les voyais faire de grands mouvements avec les bras entre deux gorgées de bière. Au comptoir, un habitué trainait là. J'avais cru comprendre que sa femme avait demandé le divorce – soit dit en passant, je la comprenais assez - il n'avait donc aucune raison de se presser de rentrer. Restaient mes deux meilleures amies qui discutaient en sirotant un soda, à l'opposé des deux étudiants. Les conversations allaient bon train un peu partout. L'alcoolique essayait tant bien que mal de me séduire, sans grand succès par ailleurs. En somme, le Calypso était normalement animé, sans excès. Et ce fut avec l'arrivée de Kanon que tout ceci prit fin.


Je vis l'un des garçons cesser immédiatement de parler. C'était celui qui était tourné vers l'entrée. De leur côté, ma brunette et ma blondinette le fixaient en fronçant les sourcils. La surprise devait être grande, je l'avais toujours décrit comme quelqu'un de joueur et de tranquille. L'habitué, ayant quand même remarqué le changement d'atmosphère, avait fini par se retourner. Il me paya dans l'instant et partit. J'aurais fait pareil à sa place : le regard que mon inconnu dardait sur lui l'aurait achevé s'il avait pu.


De mon côté, ce n'était guère brillant non plus. J'avais perdu mon sourire et l'avertissement de mon oncle revenait comme un boomerang. Reste éloignée de lui. Facile à dire, moins facile à faire. Je n'en avais même pas envie, sauf peut-être en cet instant. En toute honnêteté, ce qui se dégageait de lui était à la fois fort et impressionnant. Auréolé par la lumière venant des lampadaires, il se tenait droit et fier. Ses cheveux voletaient un peu à cause des courants d'air, alors qu'il s'avançait avec une démarche plus féline que jamais. L'air était pourtant lourd autour de lui et, sous son T-shirt, on devinait que sa musculature était tendue. Ce fut pourtant d'une voix calme mais dénuée de la légèreté que je lui connaissais qu'il commanda... une limonade.


« Tu es sûr ? C'est pas comme le diabolo menthe, hein ? »


On dit qu'un homme avertit en vaut deux. Ça devait bien valoir pour les femmes aussi. Je préférais ne pas prendre de risque alors que son humeur était massacrante.


« Je n'ai jamais eu l'alcool gai. Une limonade. »


Je le vis venir s'asseoir au comptoir au lieu de gagner sa place habituel. C'était troublant. Je n'aimais pas beaucoup le changement quand je n'y étais pas préparée. Ce n'était même pas que je ne m'y faisais pas vite, mais ça m'avait toujours perturbée.


« Comme tu veux. »


Je me retournais pour aller lui chercher ça. Dans mon dos, des raclements de chaises et des pas se firent entendre, mais je ne me retournai pas. Leur provenance venait de mes amies, elles s'étaient sans doute juste approchées. Et effectivement, quelques secondes plus tard, j'entendis la blonde prendre la parole.


« Coucou ! Tu sais pas qui je suis mais c'est pas grave ! Tu vois la jolie serveuse, c'est un peu comme ma sœur. Je sais pas encore qui tu es, Monsieur Kanon – c'est bien ça hein ? En tout cas, t'as intérêt à prendre soin d'elle !

- Syn', c'est bon, il a compris je pense. »


Je venais de la couper tout en déposant le verre sur le plateau de bois, devant le jeune homme. Après un bref sourire d'excuse à son attention, je repris.


« Elle se prend pour ma mère. Ceci dit, te laisse pas avoir, des deux, Zoe est la pire.

- Ça c'est bien vrai !

- Syna ! Mais vous me feriez passer pour un monstre toutes les deux !

- Fais pas semblant d'être outrée, ça ne te va pas au teint ! »


Leur conversation grimpa de quelques décibels, plus du fait de la blonde qui tentait de faire entendre sa voix (et elle y arrivait, mais pas comme elle l'espérait). Kanon, lui, n'avait pas l'air de vraiment décoléré. Il n'avait prêté qu'une attention relative aux dires de mes amies, ce qui m'avait un peu rassurée. J'aimais mieux qu'il ne s'entende pas trop bien avec elles pour le moment.


Le bruit d'une chaise que l'on écarte me fit lever les yeux. Les deux derniers clients s'en allaient enfin. J'étais assez contente de savoir que nous ne serions bientôt plus que quatre, même si ça restait trop à mon goût. Ils payèrent vite l'addition, puis partirent, un peu comme s'ils avaient le feu aux fesses. De mon côté, je ne pus m'empêcher de jeter un regard goguenard au dernier mâle restant dans la pièce. Il avait fait fuir l'alcoolique, il venait de fusiller du regard le courageux qui était venu payé. Même si je n'osais pas réellement croire qu'il était jaloux, ça commençait à s'en approcher. Et tout ça pour tout un pour un « Tu es bien jolie » d'un homme qui avait de toute évidence laissé ses yeux au fond de son verre et un « Merci » accompagné d'un léger sourire de celui qui venait de fuir. Finalement, la soirée serait peut-être amusante.


« Elles sont toujours comme ça ? »


Je regardais mes amies. Trop habituée au bruit, je n'y avais pas prêté attention, mais il était vrai qu'elles parlaient fort d'un sujet qui, somme toute, ne regardait qu'elles.


« Elles sont à peu près calmes.

- Je ne sais pas comment tu les supportes.

- On s'y fait, répondis-je seulement en haussant les épaules. Syna ? Zoe ?

- Oui ?

- Kanon, je te présente mes deux meilleures amies. La brune habituellement calme, c'est Zoe. Syna, c'est l'excitée. Tu feras attention, c'est contagieux.

- Je prends note. »


Et il sourit, enfin. J'étais même tellement contente qu'un immense sourire niais mangea une partie de mon visage, arrachant à la blondinette un rire un peu moqueur qui me ramena à la réalité. Elle sembla s'en ficher et reprit la parole immédiatement.


« Bon alors, vous sortez quand ensemble ? J'aimerais pouvoir faire des sorties où on n'ait pas à se soucier que tu tiennes la chandelle ou pas, moi ! »


A quelques centimètres de moi, Kanon se mit à tousser. Je crois que la limonade était mal passée.

Par Sheikhan
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Explications

Fanfictions et histoires originales : explications
(OS) : One shot, c'est-à-dire fic à un seul chapitre
 (Lime) : Erotique, mais soft
(Slash/Yaoi) : Homosexualité masculine
(FemSlash/Yuri) : Homosexualité féminine

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Vous trouverez ces termes à la fin des titres des articles.

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