Avertissement =)

Bonjour à tous et à toutes !

Vous voici sur le blog d'écriture de Sheikhan. Vous y trouverez quelques textes quand je les aurais repostés. Fanfictions ou histoires originales, elles toucheront en théorie des domaines variés.

Je tiens d'ailleurs à vous mettre en garde. Je ne fais pas dans le récit pornographique, cependant j'aborde des thèmes qui peuvent choquer : érotisme parfois, homosexualité ou encore violence. Si cela vous répugne ou si vous avez moins de 15 ans, cliquez sur la croix rouge en haut à droite.

Pour les petits jeunes qui se croient malins en restant quand même (je suis sûr qu'il y en a), assumez les conséquences, mais je ne veux pas entendre parler de vous ni par vous, ni par vos responsables légaux ! Vous n'aviez qu'à obéir.

Bonne lecture !

PS : Découvrez mon site : Eclats d'Air. Il remplacera ce blog et contient déjà plus d'histoires que vous n'en trouverez ici.

Sommaire

        Fanfictions :

One shot :

    - Le Rituel (Général) - Harry Potter

Fiction à chapitres :

    - Promesse brisée (Romance hétéro) [En cours] - Saint Seiya

        Histoires originales :


One shot :

    - Morts dans la neige (Tragédie) [Déconseillé aux moins de 15 ans]
    - Don't worry, Be happy (Slash/Lime) [Déconseillé aux moins de 15 ans]
Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 01:15
Titre : Promesse brisée
Auteur : Sheikhan
Disclaimer : Kanon n'est toujours pas à moi, mais les personnages ne venant pas du manga sont miens.

Promesse brisée

Chapitre 3 : Quand on n'a pas de chance

Plus j'avançais dans ma lecture, plus le livre me paraissait inintéressant. Le style était barbant, le sujet soporifique. Je ne me rappelais déjà plus pourquoi je l'avais entamé. Alors finalement, je décidai de poser le volume en équilibre précaire sur une pile de feuilles, laquelle ne tenait sur la table que par l'opération du Saint Esprit. Mais si ça tombait, je pourrait au moins être sûre que ça n'irait pas plus bas. Tout au plus, ça réveillerait le bébé dont les pleurs avaient enfin cessé – même si je n'y avais pas tellement fait attention jusque-là. Un prêté pour un rendu, il me réveillait régulièrement en pleine nuit. Et puisque j'en étais à penser aux endormis, je me décidai à aller voir ce qu'il advenait de celui qui occupait mes murs.


Je me levait doucement de ma chaise en prenant soin de ne pas – trop – la faire racler sur le sol et me dirigeai vers ma porte, laquelle était entrouverte. Ce n'était que la quatrième fois que j'allai vérifier son état. Peut-être étais-je plus inquiète pour lui que je ne voulais bien l'admettre. Peut-être était-ce pour cela que l'ouvrage entre mes mains quelques minutes auparavant m'avait paru à ce point fade. Peut-être, en tout cas, je ne tenais pas à y réfléchir plus que ça.


« … ga. »


Je plissai un peu les yeux et ouvrit plus grand le battant de bois pour entrer dans la pièce. La fine couverture rejetée à ses pieds ne cachait rien du corps d'éphèbe allongé sur mon lit. En sueur, sans doute à cause de son cauchemar et de la chaleur, mon invité respirait rapidement. On aurait dit qu'il haletait. Ses doigts se crispaient ses mes draps, s'y accrochaient, les relâchaient et finissaient par les agripper encore alors qu'il murmurait des choses incompréhensibles.


Je me déplaçai donc jusqu'au lit que je contournais, esquivant habilement les chaussures que j'avais déposé au pied alors qu'il s'était contenté de les laisser en plan dans le passage. Je m'assis tout doucement à côté de lui et voulus écarter du bout des doigts les mèches qui se collaient à son visage anxieux. Grossière erreur. Je ne sais pas très bien ce qu'il se passa sur le coup, mais l'air manqua brusquement. D'abord surprise, très vite paniquée, j'aspirais autant que possible sans grand succès. Une main sur la gorge, l'autre posée sur le matelas, j'essayai quelques instants de reprendre mon souffle. Je ne pus que tousser quand j'y parvins enfin tellement l'arrivée brusque de l'oxygène tant chérie me brûla la gorge, m'arrachant au passage quelques larmes. Je tremblais.


« Gaia ? »


Je sursautai légèrement et tournai la tête pour rencontre un regard bleu-vert encore un peu embrumé par le sommeil, mais vaguement inquiet. Je fermai les yeux et inspirai profondément. Respirer faisait un bien fou, surtout quand on en avait été privé. Mes membres tremblaient encore. J'étais même surprise que mon bras n'ait pas flanché, que je ne me sois pas écroulée sur le lit. Puis je compris. Ses pupilles étaient trop proches des miennes, l'air était un peu trop dur pour être un simple gaz et ce n'était sans doute pas lui qui me chatouillait la nuque.


Il me retenait.


« S'estpasséquoi ?

- Je comprends un certain nombre de langues, mais pas celle-ci, j'en ai peur. »


Agacée – pour changer – je le repoussai et me remis sur mes jambes. Bien. Elles me portaient. Je fixai donc deux orbes à la couleur toujours aussi indéfinie mais où brillait, encore, une petite lueur amusée. Même là il se moquait de moi - ou peut-être juste de ma gène quand j'avais pleinement pris conscience que j'étais dans ses bras.


« Que s'est-il passé ? Et ne me répond pas "rien" ! »


Il ne le fit pas. En lieu et place, il soupira et se passa la main devant les yeux. Je voyais bien qu'il ne comptait pas me répondre. Je savais même à l'avance qu'il esquiverait ma question. Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il y avait ce truc dès que j'essayais de m'en approcher, en le prenant visiblement par surprise ? Pourquoi est-ce qu'il refusait de m'expliquer ?


« Alors ?!

- Tu m'ennuies. »


J'en restai coite. Ce mec avait un culot absolument monstrueux. Il m'avait dit ça comme il m'aurait annoncé qu'il faisait chaud. Son détachement, non pire, son indifférence me laissait sans voix. J'avais touché du doigt l'inconscience et lui me disait juste ça ! Mon silence prit rapidement fin et c'est dans un éclat de voix qu'on entendit probablement jusqu'au fin fond de l'Amazonie que je répliquais.


« Je t'ennuie ? Je t'ennuie ?! Je t'ai aidé, ramené ici pour te mettre à l'abri du soleil, laissé te reposer dans mon lit et je t'ennuie ?!! C'est parce que tu cauchemardais que je me suis approchée ! C'est parce que tu dormais mal que je m'inquiétais et ce... truc que tu ne veux pas m'expliquer a failli me tuer !

- Je n'avais rien demandé. Tu as voulu m'aider, c'est bien et je t'en remercie, mais ne va pas t'octroyer plus de droits que tu n'en as juste parce que tu as joué les bons samaritains. »


Il me dit ça, paisiblement assis sur le lit. Je crois que s'il avait été amateur de cigarettes, il aurait pu s'en allumer une nonchalamment en même temps. Ce qui m'était arrivé ne le touchait clairement pas. Il voulait bien s'amuser avec moi, flirter, me rendre complètement dingue mais m'expliquer ou au minimum s'excuser semblait être au-dessus de ses forces. Je ne t'étais pas assez bien pour ça ?


La carafe et le verre que j'avais déposé à son intention sur la table de chevet explosèrent simultanément. L'eau gicla, l'arrosant aussi bien lui que moi avec le lit, le sol et le petit meuble où trônaient piteusement les morceaux de verres qui n'avaient pas été désintégrés. Je n'avais même pas réagit cette fois. Ce genre de choses arrivait couramment avec moi. Je ne comprenais pas comment, mais c'est ce qui expliquait que mes parents m'aient proprement mise à la porte dès que possible.


Mon invité cependant sembla juste un peu étonné. Il me fixait pour pour voir en moi et détourna finalement les yeux pour observer l'endroit où se trouvait le cadavre de la carafe. J'en était moi-même surprise. Syna et Zoe l'avait vécu une fois, elles avaient crié de peur sur le coup et avait fini par ranger l'incident dans la catégorie des trucs qu'on se dépêche d'oublier. Mes parents avaient vécu ça souvent. Ils m'avaient éloignée d'eux le plus possible. Mon oncle m'avait finalement hébergée et sa réaction au début approchait de très près celle de celui qui me faisait face. Maintenant, il agissait comme n'importe qui agirait devant quelqu'un en colère... et me tendait une balayette une fois calmée. Seulement Kanon n'était pas mon oncle et là, j'étais surtout blessée.


« Tu es un enfoiré. »


Il haussa les épaules et me jeta un regard tranquille. Quoi que je lui dise, ça ne semblait pas l'affecter, mais j'en avais assez. Il jouait avec moi depuis le début et quand je me montrais inquiète pour lui, voilà tout ce qu'il trouvait à me dire ! L'envie de le gifler jusqu'à ce que ça tête double de volume devenait vraiment difficile à contenir.


« C'est toi n'est-ce pas ? C'est toi qui fait ça ? Je sais pas ce que sais, mais vraiment, arrête. Ou excuse-toi au moins !

- Pourquoi me demander de m'excuser si tu n'es pas certaine que ça vienne de moi ?

- Arrête ça !

- Arrêter quoi ?

- Arrête de répondre à mes questions par une question ! »


Il souffla en se passant la main dans ses cheveux emmêlés. Je le vis tirer d'un coup sec, probablement pour défaire un nœud qui avait retenu ses doigts, puis il s'assit sur le rebord du lit, juste en face de moi.


« Écoute, je ne peux pas t'expliquer. Ce serait long, fastidieux, tu ne me croirais pas et très franchement, je n'ai aucunement envie de perdre mon temps pour des broutilles. Tu es toujours en vie, tu ne t'es même pas évanouie. Ce n'est pas comme si tu avais à te plaindre. »


Je serrais les poings et les desserrais inlassablement tout le long de sa tirade. Le simple mot "broutilles" suffit à me faire éclater d'un rire quasiment hystérique alors que je retenais mes larmes à grand peine. Et ce n'était clairement pas de chagrin, mais plutôt de rage mal contenue. Mes nerfs lâchaient, c'était manifeste.


Ce fut sur sa conclusion que j'éclatais en sanglot. Je n'avais rien à jeter contre un mur, je me contentai donc d'essayer de le gifler. D'essayer seulement puisque ma main fut retenue à quelques centimètres de son visage. Il tira sur mon bras et je me retrouvais plus ou moins contre lui, alors qu'il m'installait de force sur ses genoux. Je posai la tête contre son épaule, mes ongles griffant son torse. Je le frappais aussi parfois. Il ne réagissait pas. Seule sa main dans mes cheveux – coiffés, eux – me montrait qu'il n'était pas juste là pour me servir de défouloir. J'étais perdue. Pourquoi me jeter tout ça à la figure s'il me consolait ensuite ?


Les seconde s'égrenèrent doucement. Je finis par me calmer peu à peu, appréciant finalement le contact au maximum. Il n'était pas dit que je n'obtienne pas de lot de consolation. Et puis j'étais trop bien pour me sentir honteuse d'être là, contre lui comme un enfant.


« Vraiment, les femmes !

- Tu... » Je reniflai. « Tu sais ce qu'elles te disent ?

- J'en ai eu un aperçu tout à l'heure. »


Sa réponse m'arracha un léger sourire entre deux hoquets.


« Tu es abject.

- C'est pour ça que tu es lovée contre moi. Les filles ont un truc avec les mauvais garçons. »


Je pouffais devant sa remarque. Il n'avait peut-être pas complètement tort.


« Tu es calmée on dirait.

- Hum, oui. »


Je me forçai à me relever et époussetais de la poussière imaginaire sur mes vêtements pour ne pas avoir à croiser son regard. Puis, n'ayant plus guère d'occupations, je levai les yeux vers lui.


« Déso... »


Le bout de son index sur mes lèvres m'empêcha d'aller plus loin. Campé sur ses deux jambes, il hocha la tête de gauche à droite doucement.


« Garde tes excuses pour des choses vraiment importantes.

- Et je ne suis pas assez... importante pour avoir y avoir droit ? »


Je n'avais pas pu m'en empêcher. La réponse avait fusé sitôt son doigt ôté.


« Tu ne vas pas remettre ça, une scène suffira ! »


Je décidai de ne pas répondre à ça. Il avait raison sur un point, une fois suffirait.


« Hum ouais, c'était...

- Pathétique ?

- Tu ne sais vraiment pas parler aux femmes !

- Habituellement, elles ne vont pas vers moi pour mes qualités d'orateur...

- Kanon !

- Tu es moins prude que tu n'en as l'air puisque tu as compris ce que je voulais dire.

- Tu es impossible ! »


Il rit un peu. Je me dirigeai vers la « grande salle » pour aller chercher de quoi essuyer l'eau et récupérer les bouts de carafe. Lorsque je revins, il était en train de remettre ses chaussures. Il comptait sans doute partir.


« Attends un peu avant de t'en aller, j'aime mieux vérifier que tout va bien cette fois.

- Tu es une vraie mère poule. »


Je ne répondis pas. Mieux valait éviter. Il m'aurait encore faite tourner en bourrique et j'y avais bien assez eu droit. Je préférai éponger la table de chevet en prenant garde à ne pas me blesser avec les morceaux de verre. J'avais une certaine dextérité pour ce genre d'exercice, sauf quand on se penchait par-dessus mon épaule pour observer. Ce qu'il fit et je me coupai, c'est évident.


« Outch. »


Je m'appuyais contre lui et poussais un peu vers l'arrière pour qu'il recule, le tout en suçotant ma plaie. J'ouvris ensuite le tiroir du meuble pour en extraire un petit pansement. Kanon me le prit des mains pendant que je me débattais avec, tentant vainement de faire lâcher prise au papier qui entourait mon Graal.


« Montre ton doigt. »


J'obéis. Il pansa sans un mot avant de déposer un léger baiser dessus. Je l'observais, un peu sceptique.


« C'est un bisou magique. Ça marche plutôt bien sur les enfants. »


Je maugréais dans ma barbe, certes inexistante, puis me tournai sans un mot pour continuer ma tâche, lâchant juste un « merci » quasi inaudible.


« Puisque tu es occupée et que je n'ai pas d'autorisation de sortie, puis-je t'emprunter ta salle de bain le temps d'une douche ?

- Hum ? Oui, oui. Les serviettes propres sont sous le placard du lavabo.

- Merci. »


J'entendis la porte se refermée doucement dans mon dos et je soupirais de soulagement. M'étant dépêchée de me retourner, il n'avait pas du remarquer que je rougissais comme une collégienne devant son béguin du moment. Pitoyable.


**


« Verdict ? »


J'avais la main sur son front. Il ne semblait pas avoir de fièvre. Je m'éloignai donc un peu de lui et l'observai attentivement. Un T-shirt tout juste à sa taille, un pantalon ni trop ample, ni trop moulant et ses longs cheveux qui tombaient dans son dos en cascade. Encore humides, ils rendaient le tissu de son haut transparent par endroits puisqu'il était blanc.


« Ce que tu vois te plait ?

- Hm. Tais-toi. Tu m'as l'air plus en forme. Dormir quelques heures t'a fait du bien, alors tu es libre !

- Tu es trop bonne.

- Je trouve aussi. »


Je regardais à l'extérieur. La nuit n'était pas encore tombée puisque nous étions en plein été, mais le temps était déjà plus frais. J'avais même ouvert les fenêtres, espérant que quelques courants d'air rafraichissent un peu mon antre.


« Je te revois plus tard. »


Je me tournai vers lui en fronçant les sourcils.


« Tu viens au bar ? »


Loin de me répondre immédiatement, il se dirigea vers la porte, tourna la poignée et me répondit juste sur un ton mystérieux, une fois sur le palier.


« Peut-être. »


Il ferma derrière lui, me laissant seule à mes interrogations.

Par Sheikhan
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 20:00
Titre : Promesse brisée, anciennement Quand K. rencontre G.
Auteur : Sheikhan
Disclaimer : Kanon et l'univers de Saint Seiya appartiennent à Masami Kurumada. Gaia, ses amies, son oncle, bref, tous les personnages non présents dans le manga sont de moi.


Promesse brisée


Chapitre 2 : Ne pas chercher à comprendre

Il faisait beau, il faisait chaud. Les oiseaux gazouillaient gaiement, le vent chaud filait entre les feuilles roussies par le soleil, le bébé du deuxième étage braillait à cause de la chaleur ambiante et je me forçais à sortir mes poubelles. Une vision totalement idyllique, vous en conviendrez, d'un été par chez moi. La sécheresse se faisait plus forte cette année que toute les autres, au point qu'on se demandait s'il n'y avait pas un complot, là-haut, pour tous nous faire passer de vie à trépas par déshydratation. La sueur coulait au moindre mouvement. Des petites gouttelettes fraîches glissaient dans mon dos. C'aurait pu être agréable sans l'atroce contraste avec le temps ambiant et le t-shirt qui me collait à la peau. J'avais envie d'une douche, pour enlever tout ça et passer à quelque chose de plus agréable d'une odeur d'ordures trop chauffées. Par réflexe, j'ôtais avec mon avant-bras la fine pellicule humide sur mon front avant d'arrêter tout mouvement. Un bruit, un peu curieux dans cette rue normalement déserte – surtout dans ces conditions, un bruit, disais-je, m'avait arrachée à mes lamentations.


Comprenez bien que dans ce coin-là, il n'y avait pas un chat avant que la nuit ne tombe. Littéralement. Aussi, quand vous entendiez ce que vous deviniez être des jurons dans une langue qui ne vous disait fichtrement rien, votre curiosité en était naturellement réveillée. Surtout la mienne. Je me déplaçai donc vers l'auteur de cette litanie grossière et bifurquait au coin de ma ruelle et de la rue principale pour m'y arrêter net et hausser les sourcils. Face à moi, l'homme au whisky – faute de meilleur nom – était appuyé à un mur, son haut en lambeaux. Curieusement, les pans de tissu verdâtre n'étaient pas tâchés de sang et lui n'avait pas une égratignure de visible. Je m'y étais pourtant attendu, vu son état. Il était chancelant. Les yeux plissés à cause de l'astre du jour, il semblait concentré à aligner les pieds l'un devant l'autre pour marcher, en lâchant, parfois, cette flopée de mots vulgaires que j'avais entendu peu avant.


« Bonjour. »


Je ne lui demandai pas si ça allait. Il était tellement évident que ce n'était pas le cas qu'une telle question était tout aussi stupide qu'inappropriée. En revanche, je fis quelque pas vers lui, ayant peut-être vaguement en tête de l'aider, mais je n'en étais même pas sûre moi-même.


« Hum ? Oh... C'est toi. »


Oui, moi. Une partie de moi se demandait quand nous avions décidé de passer au tutoiement, mais son air hagard m'alertait trop pour que je rectifie le tir. Je fronçai juste légèrement les sourcils, alors que je le vis regarder autour de lui avec un peu plus d'attention.


« Que fais-tu ici ?

- J'y vis. »


C'était direct, j'étais fière de moi. Je ne bafouillais pas devant lui, ne rougissait même pas devant son regard clairement scrutateur. Au contraire, je fis même un léger sourire, avant de m'exclamer sur un ton plus léger.


« Vous semblez mal en point. Vous voulez boire quelque chose ? Un diabolo menthe ? »


Ma question lui arracha simplement un rictus amusé, avant qu'il ne grimace un peu. Passé cette courte modification faciale, il reprit un air nettement plus soucieux, même si cela ne l'empêcha pas de se faire un brin moqueur.


« Tu peux me tutoyer. On a probablement le même âge. »


Certes, mais ça n'était pas le sujet. A l'instant, je me moquais bien qu'on passe du vouvoiement au tutoiement. Le soleil était haut dans le ciel – il n'était qu'à peine un peu plus de 14h – et lui semblait à deux doigts de s'évanouir. Je me décidai rapidement. Sans prendre plus la peine de réfléchir, je franchis le mètre qui nous séparait, passai un bras autour de sa taille (et sans m'émouvoir, c'était vous dire à quel point je ne pensais pas à ce que je faisais !) et le guidai jusqu'à l'entrée de mon immeuble. La douceur de la température ici était plus qu'appréciable. J'aidai alors le jeune homme à s'appuyer contre le mur face aux boites aux lettres puis tentai de le regarder en face. Il avait fermé les yeux. J'en étais un peu déçue : j'avais pensé y trouver une pointe de curiosité.


« Ne bouge pas d'ici, je reviens ! »


Je me précipitai dans la cage d'escaliers – il n'y avait pas d'ascenseur, malheureusement – pour atteindre mon petit appartement et rapporter un verre et une carafe d'eau. Je pris bien soin d'y verser de l'eau fraîche, mais pas trop froide. Tiède, c'était totalement imbuvable, mais si je n'y prêtais pas attention, il risquait la syncope. Bref, attentive à cet ingrat – il ne m'avait même pas remerciée ! - je lui descendis de quoi l'hydrater un peu.


J'avais crains qu'il ne se soit enfui entretemps. Certes, il n'avait pas émis de protestations quand j'avais voulu l'aider et l'avait trainé jusqu'ici, mais il me faisait l'impression d'un homme fier. Peut-être un peu trop. Je ne savais pas vraiment pourquoi. En tout cas, je fus positivement surprise de constater qu'il s'était assis contre le mur où je l'avais amené précédemment. Les jambes relevées devant lui et entourées de ses bras, je ne voyais guère que ses longs cheveux bleu marine, puisqu'il avait la tête appuyée sur ses avant-bras. Ma contemplation s'arrêta là, alors que, surprise, je sentis une sorte de pression tout autour de moi. L'air se fit subitement suffocant, au point que je faillis en lâcher mon pichet mais l'instant suivant, il n'y eut plus rien. Inutile de dire que je n'avais rien compris. La seule pensée cohérente (et encore) qui me traversa l'esprit était qu'il avait suffit qu'il me regarde et me reconnaisse pour que tout cela cesse. C'était absurde.


Chassant donc cette stupide réflexion de mon esprit, je m'avançai vers lui, remplis un verre d'eau et le lui tendis. Il s'en saisit doucement et but sans un mot, tandis que j'exprimais enfin la question qui me revenait en tête.


« C'était quoi ce... truc ? Enfin, cette espèce de pression, à l'instant.

- Rien. »


Rien. En d'autres termes, il y avait bien eu quelque chose, mais ça ne me regardait pas. Et vu le regard qui m'interdisait d'ajouter un mot sur le sujet, je supposai qu'il y était mêlé. Une petite moue dubitative s'afficha sur mon visage alors que je lâchais finalement un soupir. Mieux valait ne pas chercher à comprendre.


« Je vais partir. Merci pour le v...

- Pardon ? Il en est hors de question ! Non mais tu as vu ton état ? »


Comptait-il donc mourir de déshydratation ? Son verre, à peine entamé, était déjà posé par terre. Lui avait amorcé un mouvement pour se lever, mais ma réponse l'avait stoppé net. Il ne devait pas être très habitué à ce qu'on lui oppose une quelconque résistance, mais je n'allais pas le laisser filer comme ça. Il commença à ouvrir la bouche pour me répondre. Je préférai le couper net.


« Plus tard, c'est d'accord. Là vous... tu n'as pas assez bu. Regarde comme tu peines à te lever ! V... Tu comptes tellement t'évanouir ? Tu n'as même pas l'air capable de faire dix malheureux mètres sans tomber dans les pommes. Alors pour le moment, tu restes ! »


Je vis ses yeux s'écarquiller d'étonnement, alors qu'une certaine satisfaction s'emparait de moi. Si je devenais capable de lui dire non, c'est que ce qui me prenait auparavant quand j'étais en sa présence était enfin passé. Ma conscience eut la décence de ne pas me contredire, quoi qu'elle n'en aurait pas eu le temps. Tout juste revenu de sa surprise, il éclatait de rire en se laissant glisser au sol. Qu'avais-je donc dit qui soit à ce point hilarant ?


« D'accord maman.

- Oh ça va hein ! Si c'est pour te moquer, pars donc. Ciao ! »


Vexée comme un pou, je me dirigeai d'un pas majestueux vers les escaliers (d'autres auraient dit que j'avais un balai coincé dans le... mais c'est une question de point de vue). Je n'eus guère le temps de dépasser la première marche que des bras me retenaient par la taille. J'avais l'ouïe fine déjà à l'époque, pourtant, je ne l'avais pas entendu arriver. Je fronçai un peu plus les sourcils, puis me rappelai ma bonne résolution : ne pas chercher à comprendre.


« Tu es trop susceptible. »


Il y avait un rire dans sa voix. Un rire mal contenu – ou qu'il ne faisait pas l'effort de garder pour lui. C'était à l'en gifler, mais j'étais trop occupée à me maudire de rougir comme ça. Je déglutis.


« L... Lâche-moi. »


Il riait. Il riait ! Cet idiot se moquait de moi, pauvre chose toute tremblante parce qu'il avait franchit le périmètre de sécurité me permettant de rester à peu près digne. Je n'étais pas très objective, à sa place aussi, je m'en serais amusée, seulement je n'étais pas à sa place, mais à la mienne. C'était déjà moins confortable. Enfin, psychologiquement du moins.


« Dégage !

- Je croyais que je devais rester ?

- Tu as l'air en forme d'un seul coup.

- Tu me stabilises. »


Je sentais son souffle chaud contre mon oreille, alors qu'il baissait la voix pour me dire cette dernière phrase. Je sentais aussi son sourire. Ce fichu sourire que je lui aurait fait ravaler à coup de poings si je n'étais pas un tout petit peu civilisée. Au lieu de ça, je soupirai longuement.


« Tu n'as pas besoin de moi pour rester assis contre un mur.

- Je pensais que tu ne me laisserais pas ici.

- C'est une façon détournée d'essayer de t'incruster chez moi ? »


Seul le silence me répondit. Le silence et une étreinte qui se resserra d'un coup et qui me coupa le souffle. Il ne faisait pas semblant d'avoir de la force. J'attendis un peu avant de reprendre la parole. Si c'était bien ce que je pensais, s'il avait bien un vertige, lui parler n'aurait pas servit à grand chose. Et ce devait être ça car presque aussi subitement, il desserra sa prise et me lâcha finalement.


« Ce qu'il ne faut pas faire, quand même. »


J'en profitai pour me retourner et le contourner. Une fois son verre ramasser, je lui fis signe de monter, restant prudemment derrière lui, à défaut d'avoir la place d'être à côté. Heureusement, nous arrivâmes sains et saufs. Enfin saufs, surtout. Étais-je vraiment saine d'esprit pour laisser entrer chez moi un illustre inconnu dans le but qu'il aille mieux ?


Comprenez-moi. Je devais faire un mètre soixante-cinq pour cinquante-cinq kilos toute mouillée et habillée. Je faisais certes un peu de sport, mais rien qui ne me permette concrètement de me défendre, à part si je devais fuir en nageant. Lui approchait du mètre quatre-vingt dix et pour ce que j'en voyais, il était tout en muscles. Une fois sur pied, s'il y avait un problème, je ne m'en sortirai pas facilement, si je m'en sortais. Je préférai toutefois ne pas trop m'en soucier sur le moment et ouvrit la porte.


Mon appartement était assez sombre, les volets filtrant de la lumière en trop petite quantité pour qu'on y voit tout de suite quelque chose. J'allumai donc l'ampoule dénudée au plafond de la pièce principale. Chanceuse pour une étudiante, je vivais dans un assez grand deux pièces bien placé et en bon état. On entrait donc par un petit couloir aux murs beiges qui donnait directement sur la « grande salle » comme mes amies l'avait surnommée. Rectangulaire, celle-ci comprenait une table en bois toute simple recouverte d'une nappe orangée et qui, pour l'heure, croulait sous les papiers. Un peu plus loin, près de la grande fenêtre, se trouvait le coin cuisine dont le sol, cette fois en carrelage blanc et non en parquet, était encombré de quelques cartons de vaisselle que je n'avais pas le courage de déballer. Mes parents avaient décidé que ça apaiserait leur conscience s'ils m'en envoyaient. J'aurais mieux aimé une simple lettre d'excuse, d'autant que mes placards étaient pleins.


Pour le reste, il y avait contre le mur de droite, entre deux portes, un canapé (neuf) du même orange que le tissu sur la table. En face contre l'autre mur se trouvait une bibliothèque pleine et entourée de livres de toute part. Les deux portes dont je parlais un peu avant menaient respectivement à ma chambre et à la salle de bain avec WC. Bref, je ne vivais pas dans le grand luxe, mais je n'étais pas la plus à plaindre.


« Tu peux aller te reposer si tu veux. Ma chambre, c'est la deuxième porte. Enlève juste tes chaussures... et ce qu'il reste de ton haut. »


Je le vis baisser les yeux sur ce dernier. On aurait cru qu'il n'avait rien remarqué jusqu'à présent. Pourtant, il avait bien du sentir quelques courants d'air. Des lambeaux de son T-shirt pendouillaient misérablement et le peu qui tenait encore ses ses épaules était lacéré. Je ne savais pas du tout ce qu'il avait pu faire pour qu'il soit dans un tel état et n'ait pas la moindre plaie, mais ça avait du être violent.


« Je ne verrais rien de plus que maintenant si tu l'ôtes, tu sais. Mais j'en ai peut-être un à ta taille si tu es tellement pudique.

- Non, non. Pas la peine de te déranger.

- Va dormir alors. »


Mais il ne bougea pas d'un centimètre. A la place, il me regardait avec un certain... intérêt ? On aurait cru qu'il tentait de lire en moi. C'était assez troublant.


« Tu es vraiment inquiète ?

- Crois-tu donc que je viendrais en aide comme ça à n'importe qui ?

- Intéressant.

- Quoi donc ?

- Je ne suis pas n'importe qui pour toi.

- Va dormir. »


Mais si j'espérais conclure la discussion sur cet ordre, je me trompai lourdement. Loin d'obéir, il alla juste s'asseoir sur le canapé – au moins ne s'écroulerait-il pas sur mon plancher – et me fixa jusqu'à ce que je craque.


« Très bien. Tu m'intrigues. Ça te convient ?

- Je t'intrigue ? »


Je ravalai un juron bien senti.


« C'est ce que je viens de dire, oui. Si tes oreilles te font défaut, il serait vraiment temps que tu ailles te reposer.

- Qu'ai-je fait pour t'intriguer ?

- Tu... Tu m'agaces !

- Ah ? Je t'agace et ça t'intrigue ?

- Va. Dormir. »


J'avais la très curieuse impression de me répéter. Il rit. Mon énervement semblait l'amuser au lieu de l'impressionner, c'était bien dommage. Heureusement, il cessa d'insister et se leva doucement de ma banquette pour atteindre ma chambre. Attentive malgré tout, je veillai à ce qu'il ne lui arrive rien. On n'était jamais totalement à l'abri d'un vertige malvenu, si tant est que ça puisse être bienvenu.


« Attends ! »


Il se retourna, une main sur le chambranle de la porte.


« Oui ?

- Comment tu t'appelles ?

- Kanon.

- Gaia. » Je marquai une courte pause. « Mes parents ont un sens de l'humour détraqué, c'est tout.

- Je n'ai rien dit.

- Tu haussais un sourcil. »


Et il sourit, avant de refermer la porte derrière lui.

Par Sheikhan
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 01:30
Titre : Promesse brisée, anciennement Quand K. rencontre G.
Auteur : Sheikhan
Disclaimer : Kanon et l'univers de Saint Seiya appartiennent à Masami Kurumada. Gaia, ses amies, son oncle, bref, tous les personnages non présents dans le manga sont de moi.
NB : La fic est en pause depuis plus d'un an. J'en suis au chapitre 12, mais je suis bloqué. Je la réécris donc.
NB 2 : Cette fanfiction respecte la fin du manga. Par conséquent, Kanon est destiné à mourir (même si, si ça ne tenait qu'à moi, il serait toujours en vie).

Résumé : Huit ans ont passé depuis que je l'ai vu la première fois. Huit ans pour apprendre à se connaître. Huit ans pour tout perdre... Je hais la guerre !


Promesse brisée

Chapitre 1 : Premières rencontres


Tout commença un jour de septembre, vers la fin du mois. Mes études supérieures commençaient à peine, et mes deux amies avaient décrété qu'il nous fallait fêter cet évènement dignement. Je ne voyais guère l'intérêt de fêter les levers à 6h et autres joyeusetés de ce genre, mais elles ne me laissèrent pas le choix. Vous connaissez les amis, quand ils veulent vous sortir, ils iraient jusqu'à vous shooter pour ça. J'avais donc décidé de ne pas les amener à cet extrême-là et la belle blonde, Syna, accompagnée de notre ami brune, Zoe, m'avait emmenée, bras dessus, bras dessous dans une discothèque aux abords d'Athènes.


Moi, on me surnommait Déesse. Rien à voir avec une quelconque popularité, mes parents avaient juste trouvé drôle de m'appeler Gaia. C'était tellement drôle que je portais ce prénom comme un fardeau depuis ma plus tendre enfance, et compte tenu de nos relations actuelles, je les soupçonne fortement d'avoir payé une voyante pour me pourrir la vie jusqu'au bout. N'en reste pas moins que mon hypothèse est, d'après mes prétendues amies, trop tirée par les cheveux pour être crédible. Or de l'incroyable, depuis ce fameux jour, on en a croisé et pas qu'un peu. C'est vous dire.


Revenons-en d'ailleurs à ce que ces deux traîtres avaient manigancé pour moi. Si officiellement, le but de notre soirée était de s'amuser, officieusement, elles avaient décrété qu'à 18 ans, il était temps pour mois de me mettre en couple. La vérité, je la connaissais, elles voulaient faire des sorties en amoureux, chacun dans leur coin, en ayant la conscience tranquille. Je n'ai jamais vraiment compris en quoi mon célibat pesait sur leur conscience, en fait. Et c'est en cherchant à répondre à cette interrogation que je commençais la soirée, peu emballée par la foule qui m'entourait et me mettait dans tous mes états. Syna, à mille lieue de cela, dansait sur la table comme la piste de danse était pleine à craquer, alors qu'à mes côtés, plus discrète, se tenait Zoe qui me présentait comme un chiot dans une vitrine.


« Comment tu t'appelles ma belle ?

- T'occupe. J'suis prise, pas elle. »


Elle, bien sûr, c'était moi.


« Le prend pas mal mais la coupe à la garçonne, sans façon. »


Et si je décidais de le prendre mal, justement ? En fait je le pris très mal. J'avais toujours aimé mon look un peu décalé. A l'époque, j'avais les cheveux mi-longs, raides comme de la paille mais plus soyeux heureusement et d'un noir profond. C'était l'une des choses que j'aimais vraiment beaucoup chez moi, avec mes yeux bleus prussien et mon style vestimentaire. Je dois dire qu'il valait mieux que j'en sois fière de ce style. D'une part, je faisais moi-même mes vêtements avec ceux que les autres ne voulaient plus mettre, d'autre part, les coupes n'étaient pas vraiment dans l'air du temps. N'en déplaise à mes anciens détracteurs, j'avais de l'allure même si je n'étais pas à la mode.


« Zoe, quitte à essayer de me trouver un gus, trouves-en un qui ait du goût. »


Je me souviens avoir répondu ça, parce que la tête du jeune homme était hilarante. Il n'avait pas apprécié, évidemment, et mon arrogance l'avait déstabilisé. Bien sûr, il n'avait tourné les talons qu'après une remarque désobligeante, qui lui valut par ailleurs un regard assassin venant de ma brunette. Que je l'aimais, cette Zoe, quand elle n'essayait pas de jouer les agences matrimoniales pour Gaia « en détresse ». Pire qu'une mama italienne... ou tout pareil (sa mère – Italienne en plus – était ainsi aussi, ça devait venir de là). Ce fut donc la queue basse que le dragueur repartit, me laissant observer autour de moi pour chercher une sortie et tromper l'angoisse qui me gagnait.


Les verres s'entassaient devant moi, habilement évités par les chaussures de Syna qui tenait je ne savais comment dessus. J'étais désinhibée, mais pas encore assez pour me lancer sur une table branlante en talons aiguilles comme elle. Et elle le faisait avec grâce en plus, au point que nombre de mecs nous tournaient autour. Je pouvais les comprendre, il aurait fallu être aveugle pour regarder une autre minette (ou être en couple avec une jalouse). C'est ainsi que je Le vis. Il était près de nous et regardait dans notre direction, se mouvant avec virtuosité sur le rythme de la chanson.


Un beau et grand jeune homme aux cheveux ondulés et curieusement bleus. Je devinais sous son haut des muscles élégamment dessinés. J'aimais beaucoup sa façon de bouger, il semblait que les lois de la gravité ne s'appliquait pas à son corps, qu'il ne touchait pas le sol, que personne ne l'entourait. Aériens est sans doute le mot le plus juste pour définir ses mouvements. Et ses yeux ! Ses yeux ! Je me serais damnée pour qu'ils se posent à nouveau sur moi ce soir-là, pour que le contact de nos regards dure éternellement, que le bleu de mes iris se dépose à nouveau dans l'émeraude des siens. Mais comme toute chose à une fin, je dus retourner sur Terre, et après avoir bu un nouveau verre, je ne le voyais plus dans la foule...


Durant les mois suivants, je ne l’ai pas revu. Je n’ai pas remis un pied en discothèque non plus. Tout sauf ça et les gueules de bois du lendemain (notons que depuis ce mémorable jour de septembre, je ne bois plus). Je pensais l’avoir oublié, mais ma seconde rencontre – même si la première n’en avait pas vraiment été une, me prouva le contraire. C’était au début de l’été. Il faisait une chaleur étouffante, et on n’avait pas eu de pluie depuis des semaines. Heureusement pour moi, je travaillais de la fin de soirée jusqu’au milieu de la nuit. Il faisait donc meilleur à ces heures-ci.


J’étais serveuse dans un bar, le Calypso. C’était miteux comme endroit, et j’exagère à peine, mais malgré tout, le quartier était à peu près tranquille. Loin des quartiers malfamés, et assez proche de mon studio. Tout cela me convenait donc à merveille et j'exécutais ce travail de bonne grâce, vu que je n'avais pas le choix. Cela ne m'empêchait pas de pester quand, à deux minutes de la fermeture, un jour de fatigue intense, un hurluberlu entrait dans le bar en tant que client. Professionnelle jusqu'au bout, je m'armai un beau se dire qui se figea quelque peu quand je le vis. Debout, une main sur la porte, l'autre pendant contre son bras, je faisais face au danseur qui m'avait tant marquée, celui aux yeux qui m'envoûtaient déjà.


Il alla s’installer dans la table du coin à ma droite, donc à gauche en entrant, et attendit patiemment que je vienne le servir. Le bar était vide si l’on exceptait nos deux présences. Et moi qui avait espéré pouvoir rentrer et dormir rapidement ! Je me rappelle avoir rangé rapidement mon verre, en tentant de maîtriser les tremblements de ma main. Puis j’avais levé la tête vers lui, et avait bêtement rougie. Ça l’avait fait sourire, et mon cœur rata le coche. Oh juste une fois hein, pas d’inquiétude. C’est juste que le sourire lui allait vraiment bien, pourtant ça n’en était pas un digne d’une publicité pour Colgate. Juste un sourire en coin appuyé par un pétillement amusé dans ses yeux, et il se retourna pour voir s’il y avait quelqu’un derrière qui me faisait cet effet. Evidemment, il ne trouva que le mur, mais je savais bien qu’il se moquait de moi. Rien de méchant, mais ça n’arrangeait pas mon état.


Prenant mon courage à deux mains, je m’avançai vers lui. Il passa sa commande en me faisant un vrai sourire de tombeur… et mon cœur se décrocha. Je hochai la tête et retourna derrière le comptoir. Qu’avait-il demandé déjà ? Je dus bien rester quelques minutes comme ça, immobile en fixant bêtement les bouteilles, parce qu’il finit par reprendre la parole.


« Whisky. »


Simple, clair, net et précis. Mais rien que pour entendre à nouveau sa belle voix grave, je me retournai et lui demandai de répéter. Chose qu’il ne fit d’ailleurs pas. Faussement exaspéré, il se leva et alla se servir lui-même, me frôlant au passage. J’en déduisis à son sourire en coin qu’il avait parfaitement remarqué mon trouble et qu'il en jouait, chose que j'étais bien incapable de lui reprocher. L'envie ne manquait pourtant pas, croyez-moi !


Je me souviens parfaitement avoir fixé mes mains posées sur le comptoir presque désespérément. Elles tremblaient comme des feuilles sous la brise d'automne. Mes jambes semblaient vouloir les concurrencer, et je m'étais demandé bon nombre de fois combien de temps je tiendrais avant de m'écrouler. Mon cœur lancé à toute allure n'avait pas compris la signification du terme « zen », et je dus inspirer doucement et expirer tout aussi doucement de nombreuses fois avant de me calmer. J'y arrivai enfin quand mon inconnu revint à la charge, m'interpelant pour savoir combien un verre de whisky lui coûtait. Je lui répondis sans le regarder, presque par automatisme. En allant récupérer l'argent après son départ, je pus constater qu'il en avait laissé trop...


Pourquoi ça ? Je savais que j'avais réussi à articuler, et la somme était de toute façon bien trop élevée pour un simple verre. Il s'en était forcément rendu compte ! Il n’y avait donc plus qu’à espérer qu’il revienne pour que je lui rende sa monnaie, et je marquai sur un papier combien je lui devais. De toute façon, je voulais le revoir. La raison stupide qui m'amenait à vouloir passer encore plus de temps avec un homme qui se moquait de moi m'était égale, je voulais le revoir ! Et comme le cœur a des raisons que la raison n'a pas, je préférai ne pas trop réfléchir à ce qui m'y poussait.


Je songeais naïvement en rentrant chez moi ce soir-là que jamais je ne serais aussi heureuse d'aller dormir. Le lendemain et le reste du mois de juillet me prouva qu'au contraire, cette nuit-là n'était que la première d'une longue série ! Chaque soir, à quelques minutes de la fermeture, il venait au bar l'air de rien, s'asseyait à la table qu'il avait désignée comme sienne et me commandait un verre de whisky. J'en fus agacée au début, persuadée (j'avais raison en plus) qu'il avait largement le temps de venir avant, et qu'arriver 31 jours de suite à 23h58 précisément ne pouvait pas être qu'une simple coïncidence. Et puis à la longue je m'y habituais, attendant le moment où il arriverait, un verre propre prêt à être dégainé, posé sur le comptoir.


Je m'y tout de même un certain temps avant d'être complètement rodée à ce manège, aussi, lorsqu'il revint le lendemain de sa première visite, j'attendis patiemment sa commande. Je lui apportai son whisky un tout petit peu de temps après, rapportant au passage l'argent en trop de la veille.


« C’était pour vous. »


Il y eut un temps de silence. Je le regardai sans comprendre, jusqu'à ce qu'il ajoute, un peu moqueur :


« Le pourboire. »


Vu mon immobilisme lorsqu'il était arrivé au bar la journée d'avant, c’était assez incompréhensible. Je l'interrogeai du regard. Il haussa les épaules, me remit la monnaie que je venais de lui rendre dans la main et referma mes doigts sur l'argent. L'affaire fut réglée et je n'eus pour ainsi dire pas d'autres choix que de faire ce qu'ils voulaient.

J’ai su plus tard qu’il voulait se faire pardonner de jouer avec mes nerfs comme ça. Pourtant, même après, il s’amusait toujours à me faire tourner en bourrique. Ainsi, le dernier jour du mois de juillet, alors que le temps orageux reflétait en tous points mon humeur, il m'acheva.


« A vrai dire, j’aurais voulu un diabolo menthe cette fois. » me dit-il, alors que je lui apportais le verre de la boisson qu'il réclamait toujours. Et si son visage était impassible, sa voix riait. Qu'étais-je censée faire du verre, moi ?


« Buvez-le. »


J’avais parlé à voix haute. Ô joie !


« Allez ! »


Et il était impatient en plus ! Je soupirai et jetai un regard sur le verre toujours dans ma main. Le client est roi, d’accord, mais j’avais l’intuition qu’il n’avait dit ça que pour me faire tourner en bourrique. Allez savoir pourquoi, ce n’était pas du tout son genre… Ou si peu.


« Non. »


Un haussement de sourcil dubitatif m’informa qu’il était surpris de ma réticence à boire ce foutu verre.


« Vous faites ce que vous voulez sur votre lieu de travail, mais moi je ne bois rien d’autre que de l’eau », précisai-je donc.


Il m’adressa un sourire goguenard, et je levai les yeux au ciel. D’accord, l’excuse n’était pas la bonne. En vérité, je ne tenais tout simplement pas l’alcool. Et ma dernière cuite en date m’avait été suffisamment douloureuse pour que je ne réitère pas l’expérience.


« Ok. »


Et il me prit le verre d’une main pour le boire. Avais-je le droit de pester ? Non, mais mon regard devenu noir du être expressif… même si ça le fit simplement sourire un peu plus. Je le haïssais ! Et pour me venger, j’allai lui faire son diabolo menthe. J’avais bien compris qu’il n’en voulait pas, et à sa mine à la fois dépitée et dégoûtée, je vis même qu’il n’aimait pas. Et bien… La vengeance est un plat qui se mange froid, et mon diabolo était bien frais.


Sans attendre de réponse, je retournai derrière le comptoir, tout en le fixant pour m’assurer qu’il le buvait. Non mais ! S’ensuivit un combat visuel intense, que je gagnai, à ma grande surprise d’ailleurs. Il pinça donc son nez, fit une grimace amusée et but d’une traite le verre. Je pensais avoir vaincu, quand il précisa qu’il ne paierait pas le diabolo. On ne forçait pas les clients à boire, me dit-il. Et quand je protestai - après tout, il l’avait demandé son verre, il me fit taire en me disant que c’était compensé par le premier pourboire.


« Radin. » murmurai-je à mi-voix. Évidemment, il m’entendit, mais ça le fit rire. Pas longtemps, mais ce fut assez étonnant pour que je relève les yeux illico. Il avait fait beaucoup de choses jusque-là. J’avais vu les sourires en coin, les sourires goguenards, les yeux qui pétillent d’amusement alors que le visage est impassible, les regards noirs quand je me montrais trop curieuse (j’avais tenté une ou deux fois de converser avec lui… Un échec évidemment), mais jamais il n’avait rit. Et il avait un beau rire, sauf qu’il ne semblait pas être décidé à le partager. Puis il paya son whisky, me salua d’un signe de main et ressortit. Je ne le revis pas avant un bon moment…

Par Sheikhan - Publié dans : Promesse brisée
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 01:15
Titre : Promesse brisée, anciennement Quand K. rencontre G.
Auteur : Sheikhan
Disclaimer : Kanon et l'univers de Saint Seiya appartiennent à Masami Kurumada. Gaia, ses amies, son oncle, bref, tous les personnages non présents dans le manga sont de moi.
NB : La fic est en pause depuis plus d'un an. J'en suis au chapitre 12, mais je suis bloqué. Je la réécris donc.
NB 2 : Cette fanfiction respecte la fin du manga. Par conséquent, Kanon est destiné à mourir (même si, si ça ne tenait qu'à moi, il serait toujours en vie).

Résumé : Huit ans ont passé depuis que je l'ai vu la première fois. Huit ans pour apprendre à se connaître. Huit ans pour tout perdre... Je hais la guerre !

Etat : En cours
Avancement de la réécriture : Chapitre 6

Chapitres


   - Premières rencontres
   - Ne pas chercher à comprendre
   - Quand on n'a pas de chance
   - Avertissement et rencontre au sommet
   - Révélations et surprises
   - Angoissants mystères
Par Sheikhan - Publié dans : Promesse brisée
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 01:00
Titre : Don't worry, be happy
Auteur : Sheikhan
Disclaimer : Le titre vient de la célèbre chanson homonyme, le reste de mon imagination.
NB : Ceci est un lime, c'est-à-dire une fic avec de l'érotisme. C'est relativement soft, mais si vous n'aimez pas les histoires homosexuelles, ce n'est pas la peine de lire.
NB 2 : C'est une vieille fic que je n'ai pas retouché. Je ne suis pas sûr de la réécrire un jour, parce que j'étais particulièrement dans l'ambiance quand je l'ai rédigé... Enfin, enjoy !



Don't worry, be happy !

Il le voyait appuyé contre cet arbre depuis plusieurs dizaines de minutes, ses longs cheveux de jais voletant avec la brise fraîche. Assis sur la branche d’un arbre, le jeune blond n’arrivait pas à détacher ses yeux du ballet fascinant des mèches d’ébène qui se mouvaient avec grâce sur le torse hâlé de leur propriétaire. Il n’aurait su dire depuis combien de temps exactement il l’observait, depuis combien de temps il admirait cette fine musculature qui se contractait parfois, alors que l’homme semblait paisible. Pourtant, il le savait, ce n’était pas le cas. Il était tendu et depuis son arrivée, Ilöwyn cherchait une solution pour l'apaiser.

- Tu comptes rester là encore longtemps ? -

Un mince sourire apparut sur les lèvres du blond après un bref sursaut. Avoir été repéré ne l’étonna pas outre mesure, l’autre était plus doué que lui à ce jeu-là.

- Qui sait ? -

D’un bond souple, il sauta au sol et s’avança doucement, presque félinement vers l’homme. Ce dernier n’avait pas bougé le moins du monde. Une fois à quelques centimètres de lui, le petit blond s’assit à califourchon sur Sheikhan et posa ses mains sur sa taille, se contentant presque de frôler sa peau. Il sentit avec satisfaction le corps sous lui frissonner à ce contact. Son sourire s’agrandit légèrement.

« Tu es trop tendu... » murmura-t-il.

Il aurait pu s’exprimer par télépathie, comme précédemment, mais leur proximité lui faisait préférer ce moyen d’expression. Il fut d’ailleurs récompenser de sa bonne idée par deux paupières qui s’ouvrirent, dévoilant un regard bleu cobalt d'une froideur à en geler des icebergs. L’ignorant délibérément, il fit glisser un doigt sur le torse de l’homme, se délectant de la contraction des abdominaux lorsqu’il les effleura. Ilöwyn se pencha doucement, déposant ses lèvres sur l’une des épaules bronzées de l’archer.

« Beaucoup trop tendu. »

Sa voix était devenue un peu plus rauque et il sentait contre lui tout le travail que l’autre homme fournissait pour rester impassible. C’était inutile, ils le savaient tous deux, mais le blond aurait été déçu si son ami avait cédé si facilement. Ce fut donc avec un fin sourire amusé qu’il mordilla Sheikhan dans le creux du cou, avant de se relever doucement.

« Je vais chercher de quoi te détendre un peu. »

Lorsqu’il revint, le jeune homme portait avec précaution un récipient rempli d’eau fraîche dans lequel trempait un objet incongru en ce lieu. Il marchait prudemment, se dirigeant sans hâte vers le brun qui avait à nouveau fermé les yeux. Il le devinait, l’autre attendait. Il avait aiguisé sa curiosité et se devait maintenant de la satisfaire. Il déposa le baquet arrondi sur l’herbe tendre et s’assit comme précédemment sur sa future « victime ». Celle-ci ouvrit à nouveau les yeux et les fit glisser sur son tortionnaire, ignorant l'eau près d'eux. Il ne montra ni surprise, ni désaccord et se contenta de lever légèrement un sourcil en croisant à nouveau le regard d’Ilöwyn.

« Tu verras... »

Entre eux, nul besoin de parler pour se comprendre, ainsi, la question avait trouvé sa réponse sans même être énoncée. Et comme pour y répondre à nouveau, le plus petit des deux prit doucement le pinceau et le laissa s’égoutter au-dessus du liquide translucide. Il l’approcha alors de la peau basanée et commença à dessiner tout doucement des symboles dont lui seul connaissait le sens. A nouveau, il sentit le brun frémir et cela lui arracha un sourire. Il ne cessa pas pour autant ses actes, déjà refermé les yeux. Son regard à lui suivait les tracés transparents sur le corps sombre, admirant les reflets du soleil sur chacun d'eux, se perdant dans chaque creux et chaque bosse où ils se frayaient leur chemin, guidés par une main taquine.

Parfois, il plongea l’extrémité de son instrument de douce torture dans l’eau claire et reprenait alors ses dessins avec une concentration proche de la transe. Le pinceau glissa tout doucement du ventre sur les flancs qu’il savait sensibles, et il le faisait remonter son outil tout doucement, procurant ainsi quelques frissons à l’autre homme. Il continua alors son chemin sur la poitrine de ce dernier, titillant avec plaisir l’un de ses tétons avant de repartir bon gré, mal gré vers d’autres zones, un peu moins délicates. Le temps passa doucement, sans qu’il puisse lâcher des yeux le corps de Sheikhan. Parfois, il y déposait quelques baisers papillons puis reprenait son œuvre, aussi sérieux qu’un peintre devant sa toile. Aucune parcelle de peau du torse ne fut épargnée, même si, à la longue, on ne voyait plus les belles arabesques qu’il avait pris plaisir à former.

Puis un doigt passa doucement sous son menton et l'obligea à lever la tête. Il quitta à regret sa vision tentatrice pour croiser deux orbes d’un bleu envoûtant, un peu plus chaleureuses que précédemment. Avec un très léger sourire, il frôla le corps de l’homme et reposa le pinceau dans le récipient. Il se pencha sur la bouche purpurine qui l’attirait depuis quelques instants. Le blond mordilla doucement la lèvre inférieure avant que l’archer ne le laisse approfondir leur baiser. Deux mains virent ses poser sur ses hanches, le faisant contracter légèrement les jambes. Un gémissement sourd et retenu lui échappa au contact de leurs bassins.

« Les gars, vous v’nez ? Nelio veut vous voir. »

Ilöwyn soupira faiblement. Même en période de canicule, ils ne pouvaient pas être tranquilles...
Par Sheikhan - Publié dans : One shot
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Explications

Fanfictions et histoires originales : explications
(OS) : One shot, c'est-à-dire fic à un seul chapitre
 (Lime) : Erotique, mais soft
(Slash/Yaoi) : Homosexualité masculine
(FemSlash/Yuri) : Homosexualité féminine

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Vous trouverez ces termes à la fin des titres des articles.

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