| Titre : | Histoire d'un regard |
| Auteur : | Sheikhan |
| Disclaimer : | Tout est à moi |
| NB : | En italique, ce sont les souvenirs du châtain |
| NB 2 : | C'est court, mais le texte en aurait pâti si je l'avais allongé |
| NB 3 : |
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Il était là, devant l’internat. Il parlait avec ses amis. L’étudiant ne savait pas de quoi. Il n’avait jamais su. Il ne L’avait pas souvent entendu discuter, mais c’était sans doute parce qu’Il parlait assez peu. Pourtant le châtain était incapable de le qualifier d’associal, Il avait des amis, mais Il était sélectif.
Enfin là de toute façon, il était trop loin pour L’entendre. Il se contentait de Le regarder, de se gorger une nouvelle fois, peut-être la dernière, de Son image, avant de repartir loin d’ici. C’est qu’il n’était plus au lycée, contrairement à Lui.
Il aurait aimé se dire qu’il y avait eu quelque chose entre eux, mais à part quelques regards, parfois insistants de parts et d’autres, cela n’était jamais allé bien loin. Il aurait aimé se dire qu’Il l’avait déjà observé comme il aimait le faire avec Lui. Il aurait voulu pouvoir crier haut et fort qu’il Le comprenait, mais il n’en était pas sûr. Il aurait fallut qu’il L’aborde, et qu’il le fasse vraiment, pas juste pour une feuille ou une place qu’il ne voulait pas Lui céder. Ca avait toujours été ça entre eux, les regards absorbés et les regards qui défiaient. Enfin, toujours depuis ce moment-là...
Le cours d’histoire suivait son rythme. Le châtain dessinait. Le brun dormait. Les filles discutaient ou jasaient. Les mecs planifiaient leur prochain week-end. Un cours d’histoire pas tout à fait normal, donné par un professeur ennuyeux et aimé de personne. Un professeur qui donnait aux autres de bonnes raisons pour être détesté. Un professeur qui alla trop loin en provoquant le brun...
Le fait qu’ils se cherchent était si courant que les élèves n’y accordaient plus qu’une attention majeure. Et puis d’un coup, Il se leva de son siège, près à frapper le petit homme malodorant devant lui. Celui-là même qui, au lieu de donner ses cours, préférait l’embêter pour pouvoir jouer les victimes.
Des cris jaillirent, faisant lever la tête au futur étudiant en lettres, qui se moquait un peu de tout cela. Le professeur risquait de se prendre un mauvais coup ? Et alors ? Ce n’était pas comme s’il ne faisait rien pour...
Mais Il baissa le poing, et regarda avec haine le corps volumineux sortir « pour aller en informer le proviseur ». Il s’appuya plutôt sur sa table, tandis que ses camarades L’entouraient. Et Il avait l’air perdu, même s’Il ne voulait sans doute pas le montrer. Et le cœur du châtain se comprima. Il se sentit oppressé sans savoir pourquoi. Il sut, le soir. Il comprit que ce qui l’avait bouleversé fut de L’avoir vu si humain, Lui qui semblait toujours intouchable. Le voir vulnérable l’avait saisi au corps, et il ne put plus oublier ce qu’il avait vu.
Depuis ce jour, il L’avait veillé de loin, ne pouvant pas faire grand chose de plus pour lui montrer ainsi son soutien. Il avait fait plus attention à ce qui se disait quand on parlait de Lui. L’autre avait fini par le voir, mais sans doute n’avait-Il pas compris. Ou alors avait-il pris cela pour de la pitié. L’étudiant n’en savait rien.
Il aurait aimé être Son ami, mais n’avait jamais osé aller vraiment vers Lui. C’est pour cela qu’il se contentait de L’admirer de loin. La largeur de la route était à elle seule un obstacle de taille. La distance qui les séparait lui semblait trop grande. Et puis, maintenant, à quoi bon ? se dit-il. Il n’était plus dans l’établissement, après tout...
Il s’apprêta à se retourner pour faire demi-tour, et lâcha un bref instant le jeune homme du regard. Quand ses yeux revinrent sur sa silhouette, ils furent happé par un océan de jais. Si noir, si profond qu’il s’y perdit aisément. Même les battements effrénés de son cœur ne suffirent pas à le ramener à la surface. Il se noyait dans Ses yeux, et il en était heureux... Au fond, ce regard racontait leur histoire...
Celle d’un grand brun qui entra nonchalamment dans la pièce où se réunissait pour la première fois leur classe de première ES, jetant juste un coup d’œil rapide au petit brun qui, lui, était installé au premier rang faute d’avoir pu trouver une place derrière.
Celle d’un regard échangé entre eux alors que le grand brun s’était assis, quand le plus jeune des deux avait tourné la tête vers Lui en voulant observer les autres élèves, alors que l’Autre le regardait apparemment.
Celle d’un délinquant qui ne semblait pas se sentir à sa place en classe, et passait plus de temps à bavarder avec ses voisins alors que l’autre garçon, bien plus réservé, tentait de suivre les cours au lieu de rêvasser.
Celle d’un garçon perdu alors qu’Il semblait toujours si fort, tandis que l’autre lui aurait volontier offert son soutien s’il était parvenu à passer outre sa timidité.
Celle d’un jeune homme qui avait fait une erreur de trop et s’était retrouvé avec les trois quarts de la classe à dos pour l’année suivante, quand le plus jeune des deux se débattait avec ses problèmes, essayant malgré tout de garder un œil sur Lui.
Celle d’un grand brun qui l’envoyait paître ou l’ignorait les rares fois où le châtain allait vers Lui.
Celle d’un jeune adulte qui malgré tout jetait des coups d’œil régulièrement sur l’adolescent, lequel se faisait une joie de soutenir son regard et s’amusait de voir l’Autre détourner les yeux alors qu’Il ne le faisait pourtant pas souvent avec les autres.
Celle d’un garçon aux cheveux longs qui se perdait dans les iris noirs de son camarade aux chevaux courts, alors qu’ils auraient tous deux du suivre les cours de philosophie.
Celle d’un timide qui ne s’offusquait pas de voir l’Autre assumer ses actes quand les autres élèves les réprouvaient.
Celle d’un lycéen qui laissa ses amis aller en cours et traversa une partie de la rue, les yeux rivés dans ceux de l’étudiant, qui lui n’y croyait pas.
Celle d’un brun qu’une voiture renversa, parce qu’elle roulait bien trop vite dans une rue fréquentée exclusivement par des jeunes gens obligés de la traverser pour aller dans l’autre partie du lycée.
Celle du châtain qui accourut vers Lui, priant pour être en plein cauchemar en Le voyant inerte sur le sol, alors que le sang formait une flaque de plus en plus étendue. (1)
Celle de deux êtres qui n’auront jamais vraiment su ce que pensait l’autre, car séparés avant d’avoir pu, à cause d’un ivrogne qui en dépit du bon sens, avait pris le volant de sa voiture…
Voilà. Bon, ce n’est pas très gai, j’avoue. Ce n’était pas fait pour non plus à dire vrai. J’aime écrire des histoires avec des fins comme ça, scusez (et pourtant j’aime pas en lire xD). J’espère que la bizarrerie de cet OS ne vous a pas rebuté. Sans doute pas si vous lisez ce petit message. Au fait, au cas où vous n’auriez pas saisi, lorsqu’il y a des majuscules "intempestives", c’est que ça parle du brun. Par exemple : « Pourtant le châtain était incapable de le qualifier d’associal, Il avait des amis, mais Il était sélectif. » C’est le brun qui est sélectif :)
Désolée de n’avoir nommé ni l’un, ni l’autre, mais je ne pouvais pas le faire (je me comprends).
Merci de votre lecture :o
Sheik’
(1) Qu’on s’entende bien, ça ne fait pas une flaque d’un mètre de diamètre, hein ! lol