Sommaire

        Fanfictions :

One shot :

    - Le Rituel (Général) - Harry Potter

Fiction à chapitres :

    - Promesse brisée (Romance hétéro) [En cours] - Saint Seiya

        Histoires originales :


One shot :

    - Morts dans la neige (Tragédie) [Déconseillé aux moins de 15 ans]
    - Don't worry, Be happy (Slash/Lime) [Déconseillé aux moins de 15 ans]
Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 01:15
Titre : Promesse brisée
Auteur : Sheikhan
Disclaimer : Kanon n'est toujours pas à moi, mais les personnages ne venant pas du manga sont miens.

Promesse brisée

Chapitre 3 : Quand on n'a pas de chance

Plus j'avançais dans ma lecture, plus le livre me paraissait inintéressant. Le style était barbant, le sujet soporifique. Je ne me rappelais déjà plus pourquoi je l'avais entamé. Alors finalement, je décidai de poser le volume en équilibre précaire sur une pile de feuilles, laquelle ne tenait sur la table que par l'opération du Saint Esprit. Mais si ça tombait, je pourrait au moins être sûre que ça n'irait pas plus bas. Tout au plus, ça réveillerait le bébé dont les pleurs avaient enfin cessé – même si je n'y avais pas tellement fait attention jusque-là. Un prêté pour un rendu, il me réveillait régulièrement en pleine nuit. Et puisque j'en étais à penser aux endormis, je me décidai à aller voir ce qu'il advenait de celui qui occupait mes murs.


Je me levait doucement de ma chaise en prenant soin de ne pas – trop – la faire racler sur le sol et me dirigeai vers ma porte, laquelle était entrouverte. Ce n'était que la quatrième fois que j'allai vérifier son état. Peut-être étais-je plus inquiète pour lui que je ne voulais bien l'admettre. Peut-être était-ce pour cela que l'ouvrage entre mes mains quelques minutes auparavant m'avait paru à ce point fade. Peut-être, en tout cas, je ne tenais pas à y réfléchir plus que ça.


« … ga. »


Je plissai un peu les yeux et ouvrit plus grand le battant de bois pour entrer dans la pièce. La fine couverture rejetée à ses pieds ne cachait rien du corps d'éphèbe allongé sur mon lit. En sueur, sans doute à cause de son cauchemar et de la chaleur, mon invité respirait rapidement. On aurait dit qu'il haletait. Ses doigts se crispaient ses mes draps, s'y accrochaient, les relâchaient et finissaient par les agripper encore alors qu'il murmurait des choses incompréhensibles.


Je me déplaçai donc jusqu'au lit que je contournais, esquivant habilement les chaussures que j'avais déposé au pied alors qu'il s'était contenté de les laisser en plan dans le passage. Je m'assis tout doucement à côté de lui et voulus écarter du bout des doigts les mèches qui se collaient à son visage anxieux. Grossière erreur. Je ne sais pas très bien ce qu'il se passa sur le coup, mais l'air manqua brusquement. D'abord surprise, très vite paniquée, j'aspirais autant que possible sans grand succès. Une main sur la gorge, l'autre posée sur le matelas, j'essayai quelques instants de reprendre mon souffle. Je ne pus que tousser quand j'y parvins enfin tellement l'arrivée brusque de l'oxygène tant chérie me brûla la gorge, m'arrachant au passage quelques larmes. Je tremblais.


« Gaia ? »


Je sursautai légèrement et tournai la tête pour rencontre un regard bleu-vert encore un peu embrumé par le sommeil, mais vaguement inquiet. Je fermai les yeux et inspirai profondément. Respirer faisait un bien fou, surtout quand on en avait été privé. Mes membres tremblaient encore. J'étais même surprise que mon bras n'ait pas flanché, que je ne me sois pas écroulée sur le lit. Puis je compris. Ses pupilles étaient trop proches des miennes, l'air était un peu trop dur pour être un simple gaz et ce n'était sans doute pas lui qui me chatouillait la nuque.


Il me retenait.


« S'estpasséquoi ?

- Je comprends un certain nombre de langues, mais pas celle-ci, j'en ai peur. »


Agacée – pour changer – je le repoussai et me remis sur mes jambes. Bien. Elles me portaient. Je fixai donc deux orbes à la couleur toujours aussi indéfinie mais où brillait, encore, une petite lueur amusée. Même là il se moquait de moi - ou peut-être juste de ma gène quand j'avais pleinement pris conscience que j'étais dans ses bras.


« Que s'est-il passé ? Et ne me répond pas "rien" ! »


Il ne le fit pas. En lieu et place, il soupira et se passa la main devant les yeux. Je voyais bien qu'il ne comptait pas me répondre. Je savais même à l'avance qu'il esquiverait ma question. Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il y avait ce truc dès que j'essayais de m'en approcher, en le prenant visiblement par surprise ? Pourquoi est-ce qu'il refusait de m'expliquer ?


« Alors ?!

- Tu m'ennuies. »


J'en restai coite. Ce mec avait un culot absolument monstrueux. Il m'avait dit ça comme il m'aurait annoncé qu'il faisait chaud. Son détachement, non pire, son indifférence me laissait sans voix. J'avais touché du doigt l'inconscience et lui me disait juste ça ! Mon silence prit rapidement fin et c'est dans un éclat de voix qu'on entendit probablement jusqu'au fin fond de l'Amazonie que je répliquais.


« Je t'ennuie ? Je t'ennuie ?! Je t'ai aidé, ramené ici pour te mettre à l'abri du soleil, laissé te reposer dans mon lit et je t'ennuie ?!! C'est parce que tu cauchemardais que je me suis approchée ! C'est parce que tu dormais mal que je m'inquiétais et ce... truc que tu ne veux pas m'expliquer a failli me tuer !

- Je n'avais rien demandé. Tu as voulu m'aider, c'est bien et je t'en remercie, mais ne va pas t'octroyer plus de droits que tu n'en as juste parce que tu as joué les bons samaritains. »


Il me dit ça, paisiblement assis sur le lit. Je crois que s'il avait été amateur de cigarettes, il aurait pu s'en allumer une nonchalamment en même temps. Ce qui m'était arrivé ne le touchait clairement pas. Il voulait bien s'amuser avec moi, flirter, me rendre complètement dingue mais m'expliquer ou au minimum s'excuser semblait être au-dessus de ses forces. Je ne t'étais pas assez bien pour ça ?


La carafe et le verre que j'avais déposé à son intention sur la table de chevet explosèrent simultanément. L'eau gicla, l'arrosant aussi bien lui que moi avec le lit, le sol et le petit meuble où trônaient piteusement les morceaux de verres qui n'avaient pas été désintégrés. Je n'avais même pas réagit cette fois. Ce genre de choses arrivait couramment avec moi. Je ne comprenais pas comment, mais c'est ce qui expliquait que mes parents m'aient proprement mise à la porte dès que possible.


Mon invité cependant sembla juste un peu étonné. Il me fixait pour pour voir en moi et détourna finalement les yeux pour observer l'endroit où se trouvait le cadavre de la carafe. J'en était moi-même surprise. Syna et Zoe l'avait vécu une fois, elles avaient crié de peur sur le coup et avait fini par ranger l'incident dans la catégorie des trucs qu'on se dépêche d'oublier. Mes parents avaient vécu ça souvent. Ils m'avaient éloignée d'eux le plus possible. Mon oncle m'avait finalement hébergée et sa réaction au début approchait de très près celle de celui qui me faisait face. Maintenant, il agissait comme n'importe qui agirait devant quelqu'un en colère... et me tendait une balayette une fois calmée. Seulement Kanon n'était pas mon oncle et là, j'étais surtout blessée.


« Tu es un enfoiré. »


Il haussa les épaules et me jeta un regard tranquille. Quoi que je lui dise, ça ne semblait pas l'affecter, mais j'en avais assez. Il jouait avec moi depuis le début et quand je me montrais inquiète pour lui, voilà tout ce qu'il trouvait à me dire ! L'envie de le gifler jusqu'à ce que ça tête double de volume devenait vraiment difficile à contenir.


« C'est toi n'est-ce pas ? C'est toi qui fait ça ? Je sais pas ce que sais, mais vraiment, arrête. Ou excuse-toi au moins !

- Pourquoi me demander de m'excuser si tu n'es pas certaine que ça vienne de moi ?

- Arrête ça !

- Arrêter quoi ?

- Arrête de répondre à mes questions par une question ! »


Il souffla en se passant la main dans ses cheveux emmêlés. Je le vis tirer d'un coup sec, probablement pour défaire un nœud qui avait retenu ses doigts, puis il s'assit sur le rebord du lit, juste en face de moi.


« Écoute, je ne peux pas t'expliquer. Ce serait long, fastidieux, tu ne me croirais pas et très franchement, je n'ai aucunement envie de perdre mon temps pour des broutilles. Tu es toujours en vie, tu ne t'es même pas évanouie. Ce n'est pas comme si tu avais à te plaindre. »


Je serrais les poings et les desserrais inlassablement tout le long de sa tirade. Le simple mot "broutilles" suffit à me faire éclater d'un rire quasiment hystérique alors que je retenais mes larmes à grand peine. Et ce n'était clairement pas de chagrin, mais plutôt de rage mal contenue. Mes nerfs lâchaient, c'était manifeste.


Ce fut sur sa conclusion que j'éclatais en sanglot. Je n'avais rien à jeter contre un mur, je me contentai donc d'essayer de le gifler. D'essayer seulement puisque ma main fut retenue à quelques centimètres de son visage. Il tira sur mon bras et je me retrouvais plus ou moins contre lui, alors qu'il m'installait de force sur ses genoux. Je posai la tête contre son épaule, mes ongles griffant son torse. Je le frappais aussi parfois. Il ne réagissait pas. Seule sa main dans mes cheveux – coiffés, eux – me montrait qu'il n'était pas juste là pour me servir de défouloir. J'étais perdue. Pourquoi me jeter tout ça à la figure s'il me consolait ensuite ?


Les seconde s'égrenèrent doucement. Je finis par me calmer peu à peu, appréciant finalement le contact au maximum. Il n'était pas dit que je n'obtienne pas de lot de consolation. Et puis j'étais trop bien pour me sentir honteuse d'être là, contre lui comme un enfant.


« Vraiment, les femmes !

- Tu... » Je reniflai. « Tu sais ce qu'elles te disent ?

- J'en ai eu un aperçu tout à l'heure. »


Sa réponse m'arracha un léger sourire entre deux hoquets.


« Tu es abject.

- C'est pour ça que tu es lovée contre moi. Les filles ont un truc avec les mauvais garçons. »


Je pouffais devant sa remarque. Il n'avait peut-être pas complètement tort.


« Tu es calmée on dirait.

- Hum, oui. »


Je me forçai à me relever et époussetais de la poussière imaginaire sur mes vêtements pour ne pas avoir à croiser son regard. Puis, n'ayant plus guère d'occupations, je levai les yeux vers lui.


« Déso... »


Le bout de son index sur mes lèvres m'empêcha d'aller plus loin. Campé sur ses deux jambes, il hocha la tête de gauche à droite doucement.


« Garde tes excuses pour des choses vraiment importantes.

- Et je ne suis pas assez... importante pour avoir y avoir droit ? »


Je n'avais pas pu m'en empêcher. La réponse avait fusé sitôt son doigt ôté.


« Tu ne vas pas remettre ça, une scène suffira ! »


Je décidai de ne pas répondre à ça. Il avait raison sur un point, une fois suffirait.


« Hum ouais, c'était...

- Pathétique ?

- Tu ne sais vraiment pas parler aux femmes !

- Habituellement, elles ne vont pas vers moi pour mes qualités d'orateur...

- Kanon !

- Tu es moins prude que tu n'en as l'air puisque tu as compris ce que je voulais dire.

- Tu es impossible ! »


Il rit un peu. Je me dirigeai vers la « grande salle » pour aller chercher de quoi essuyer l'eau et récupérer les bouts de carafe. Lorsque je revins, il était en train de remettre ses chaussures. Il comptait sans doute partir.


« Attends un peu avant de t'en aller, j'aime mieux vérifier que tout va bien cette fois.

- Tu es une vraie mère poule. »


Je ne répondis pas. Mieux valait éviter. Il m'aurait encore faite tourner en bourrique et j'y avais bien assez eu droit. Je préférai éponger la table de chevet en prenant garde à ne pas me blesser avec les morceaux de verre. J'avais une certaine dextérité pour ce genre d'exercice, sauf quand on se penchait par-dessus mon épaule pour observer. Ce qu'il fit et je me coupai, c'est évident.


« Outch. »


Je m'appuyais contre lui et poussais un peu vers l'arrière pour qu'il recule, le tout en suçotant ma plaie. J'ouvris ensuite le tiroir du meuble pour en extraire un petit pansement. Kanon me le prit des mains pendant que je me débattais avec, tentant vainement de faire lâcher prise au papier qui entourait mon Graal.


« Montre ton doigt. »


J'obéis. Il pansa sans un mot avant de déposer un léger baiser dessus. Je l'observais, un peu sceptique.


« C'est un bisou magique. Ça marche plutôt bien sur les enfants. »


Je maugréais dans ma barbe, certes inexistante, puis me tournai sans un mot pour continuer ma tâche, lâchant juste un « merci » quasi inaudible.


« Puisque tu es occupée et que je n'ai pas d'autorisation de sortie, puis-je t'emprunter ta salle de bain le temps d'une douche ?

- Hum ? Oui, oui. Les serviettes propres sont sous le placard du lavabo.

- Merci. »


J'entendis la porte se refermée doucement dans mon dos et je soupirais de soulagement. M'étant dépêchée de me retourner, il n'avait pas du remarquer que je rougissais comme une collégienne devant son béguin du moment. Pitoyable.


**


« Verdict ? »


J'avais la main sur son front. Il ne semblait pas avoir de fièvre. Je m'éloignai donc un peu de lui et l'observai attentivement. Un T-shirt tout juste à sa taille, un pantalon ni trop ample, ni trop moulant et ses longs cheveux qui tombaient dans son dos en cascade. Encore humides, ils rendaient le tissu de son haut transparent par endroits puisqu'il était blanc.


« Ce que tu vois te plait ?

- Hm. Tais-toi. Tu m'as l'air plus en forme. Dormir quelques heures t'a fait du bien, alors tu es libre !

- Tu es trop bonne.

- Je trouve aussi. »


Je regardais à l'extérieur. La nuit n'était pas encore tombée puisque nous étions en plein été, mais le temps était déjà plus frais. J'avais même ouvert les fenêtres, espérant que quelques courants d'air rafraichissent un peu mon antre.


« Je te revois plus tard. »


Je me tournai vers lui en fronçant les sourcils.


« Tu viens au bar ? »


Loin de me répondre immédiatement, il se dirigea vers la porte, tourna la poignée et me répondit juste sur un ton mystérieux, une fois sur le palier.


« Peut-être. »


Il ferma derrière lui, me laissant seule à mes interrogations.

Par Sheikhan
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Commentaires

Vui je suis en retard >.< désolée, y'a un bébé pastèque à la maison à s'occuper ^^'

Quoiqu'il en soit, tu sais qu'à ma première lecture je t'ai dit aimer. Je t'ai aussi fait par de mes questionnements quant à la carafe brisée.

Effectivement, comme tu me l'avais dit, ce chapitre est très chargé en émotions. Ce qui rassure toi est tout sauf un mal !

Mais, je me suis donc dit, qu'outre faire de la répétition, ce commentaire n'était pas très constructif et ne t'apprenait rien de nouveau. La suite va en être de même.

Je voulais juste te remercier, déjà pour me (nous) distraire. Ensuite, parce qu'en lisant cette histoire c'est elle qui m'apprend des choses et qui est constructive. En effet, grâce à toi j'apprends un nouveau vocabulaire, de nouvelles expressions et ça m'aide à faire évoluer ma manière d'écrire.

Encore merci.
Commentaire n°1 posté par Ta pastèque le 27/02/2009 à 13h13

Explications

Fanfictions et histoires originales : explications
(OS) : One shot, c'est-à-dire fic à un seul chapitre
 (Lime) : Erotique, mais soft
(Slash/Yaoi) : Homosexualité masculine
(FemSlash/Yuri) : Homosexualité féminine

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Vous trouverez ces termes à la fin des titres des articles.

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