Mardi 3 mars 2009
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21:15
Titre : Promesse brisée
Auteur : Sheikhan
Disclaimer : J’ai beau soudoyé Masaki Kurumada ET les personnages de Saint Seiya, ils ne sont pas à moi… Les autres persos comme Syna, Zoe et Gaia m’appartiennent en revanche. Merci à
ma Lu' pour la correction du chapitre !
Musique écoutée pour le chapitre (en particulier pour le slow) : Assassin's Tango de John Powell (vient du film Mr
& Mrs Smith)
Chapitre 5 : Révélations et surprises
« Dansez ! »
Le silence envahit le bar. Zoe avait stoppé le mouvement amenant son jus de fruit à ses lèvres. Kanon levait les yeux vers la blonde, délaissant son soda. Moi, j'avais failli en lâcher le verre
que j'essuyais. De son côté, Syna semblait fière de son idée et un peu éméchée. Un peu était même un euphémisme. Grande fêtarde qui ne concevait pas une soirée sans alcool, elle s'était fait un
plaisir de goûter la vodka et d'en redemander. Mon oncle serait ravi, grâce à elle la soirée était exceptionnellement bonne.
« Syna...
- Dansez ! Allez ! Juste un slow ! »
Je ne savais pas quoi faire. Un slow, ce n'était rien, mais quand même. De son côté, mes deux amies se firent un sourire complice et se firent un devoir de nous montrer l'exemple. Je les voyais
venir, à vouloir jouer les marieuses ! Si je ne me rappelais pas pourquoi je ne voulais pas qu'elles voient celui avec qui je passais la plupart de mes soirées, là je m'en souvenais. Je serrais
les poings, bien à l'abri derrière mon comptoir. Mon regard glissa jusqu'à Kanon, qui finissait finalement sa boisson en regardant le « couple » qui s'amusait entre les tables.
Un mince sourire apparut sur mon visage. Toute mauvaise humeur semblait éloignée. Syna avait essayé d'amuser le plus possible mon client préféré, lui arrachant de plus en plus de sourires au fur
et à mesure. Ils avaient discuté, longuement et finalement il avait rejoint sa place habituelle. Un petit soupir de soulagement m'avait échappé à cet instant, comme si le fait que tout rentre
dans l'ordre m'ôtait un poids. Je les avais regardés de loin, lançant quelques phrases parfois, plus assurée que je n'avais pu l'être jusqu'alors en présence du jeune homme.
Il n'y avait qu'une seule ombre au tableau. Zoe se mordillait les lèvres en l'observant, pensive. Je n'aimais pas lorsqu'elle avait l'esprit ailleurs. Douée d'un sens de déduction assez
exceptionnel et d'une compréhension de l'être humain qui m'échappait totalement, elle avait rarement tort lorsqu'elle se méfiait de quelqu'un. Son instinct nous avait permis à plusieurs reprises
de nous sortir de situations délicates. Et à cela s'ajoutait la même phrase qui, de temps en temps, me revenait en mémoire. Reste éloignée de lui.
« Gaia, tu rêves au Prince charmant ? »
Je sursautai, brusquement ramenée à la réalité. Syna agitait sa main devant moi, un sourire goguenard bien accroché aux lèvres. Je fronçai les sourcils.
« Tu le fixes depuis tout à l'heure.
- Ça suffit ! »
Je m'étais surprise moi-même en criant, mais la lueur amusée que j'avais perçue au fond des yeux de Kanon après les paroles de mon amie m'avait agacée. Puisqu'elle ne savait pas se tenir et
comptait me compliquer la vie, je décidai de mettre un terme à tout ça.
« Les filles, je vous aime bien. Loin de moi l'idée de vous éjecter du bar, mais contrairement à moi, demain, vous avez cours tôt. »
Ceci était, et je le dis sans sourciller, l'excuse la plus foireuse qu'il m'ait été donné de prononcer. Elles ne furent évidemment pas dupes, mais la brune eut la bonne idée de bâillonner de sa
main notre amie.
« Tu n'as pas tort. Allons-y Syna. A une autre fois Kanon. »
Il les salua d'un signe de tête alors que je les raccompagnais jusqu'à la porte. Prise d'une inspiration subite, je me retournai d'un coup pour me retrouver nez-à-nez avec le jeune homme. Ma
respiration se bloqua alors que mon cœur s'emballait brusquement. Quelques mèches de cheveux à lui vinrent chatouiller mon visage. Il se penchait. J'inspirais finalement, humant son odeur tandis
qu'il me murmurait quelques mots à l'oreille.
« Finalement, ça ne te tente pas, un slow ? »
Que répondre à ça ? Sur le coup, l'idée paraissait tout de suite plus attrayante.
« P... Pourquoi pas.
- Je vais changer la chanson alors. »
Sa voix était basse et grave. Suave. Je déglutis en hochant la tête. Qu'il aille changer la musique, je voulais respirer. Je l'entendis s'éloigner doucement et toucher à la chaine hi-fi.
« Tu viens ? »
De nouveau, il était devant moi. Un sourire charmeur accroché aux lèvres, il me tendait la main en attendant que je la prenne. Je jouai le jeu et la saisis, alors qu'il m'attira à lui. Sa main
glissa le long de mon bras alors que j'avais passé les miens autour de son cou. Je me rapprochai un peu plus tout en essayant de ne pas frissonner au contact de ses doigts qui glissaient le long
de mon corps pour s'arrêter à ma taille.
Nous commençâmes à bouger, doucement, sensuellement. Presque amoureusement. Les yeux dans les yeux, nous dansâmes sans prononcer un mot. Peut-être nos regards parlaient-ils pour nous, mais
j'étais heureuse qu'il ne fasse pas le moindre commentaire. Là, dans ses bras, j'étais bien. Rien au monde n'aurait pu me donner envie de briser cet instant où, enfin, nous étions seuls sans que
la moquerie ne gâche les choses.
La musique s'arrêta presque aussi calmement qu'elle avait démarré, mais nos pas nous guidaient encore et c'était sur un air inaudible pour d'autres que nous que l'on dansait alors. Je n'aurais
pas su dire combien de temps cela dura, mais nous restâmes ainsi un long moment, jusqu'à ce que la chaine hi-fi ne fasse un bruit suspect. Les battements de mon cœur s'intensifièrent à mesure que
je retournai sur Terre et je m'éloignai finalement de Kanon sans vraiment me presser.
« Je... Je vais fermer le bar. On ne sera pas dérangés comme ça. »
Il se contenta de hocher légèrement la tête en signe d'approbation et me lâcha. Un léger frisson me parcourut. L'endroit où se trouvait ses mains peu avant était maintenant sujet aux courants
d'air. J'avais froid.
Je me retournai sans le regarder et alla droit vers la porte, dissimulant au mieux le tremblement de mes mains, même si le tintement des clés lorsque je les pris dans ma poche n'était pas des
plus discrets. Il me fallut un peu de temps avant de réussir à fermer et je restai quelques secondes de plus face à l'extérieur où la nuit était tombée. La rue faiblement éclairée était
maintenant déserte. J'en étais soulagée. L'idée que quelqu'un ait pu assister à la scène précédente me déplaisait profondément.
« Je peux me servir un autre verre ?
- Hum, oui. C'est moi qui offre. »
Je répondis sans me retourner, puis finalement fis demi-tour sur place pour le regarder se mouvoir derrière le comptoir. A force de m'avoir vu agir, il semblait savoir précisément où aller et
quoi faire. Un léger sourire naquit sur mes lèvres alors que je me mis à ranger correctement les chaises et remettre les tables à leur véritable place. La seule que je ne touchai pas fut la
sienne. J'avais l'habitude de ne m'en occuper qu'une fois Kanon parti.
De son côté, je l'entendais se rapprocher de moi. Les glaçons s'entrechoquaient dans son verre. Dans ses verres, rectifiais-je alors qu'il passa un bras autour de moi. Le liquide ambré ne
laissait guère de doute sur la boisson. A nouveau, mes lèvres s'étirèrent doucement alors que je m'emparais de ce qu'il me tendait.
« Celui-là je te le paie.
- Je travaille tu sais. »
Un contact furtif dans le creux du cou me fit presque lâcher ce que je tenais. Ses lèvres s'approchèrent ensuite de mon oreille. Je sentais son souffle chaud contre ma peau.
« Tu viens de fermer le Calypso. Ton oncle ne devrait pas t'en vouloir.
- Tu le connais d'ailleurs ?
- Pas que je sache.
- Tu n'as aucun Sacha dans ton entourage ?
- Sacha ? »
Je sursautais. Son ton s'était fait soudainement plus sec. Un instant de silence s'écoula. Il reprit bien plus calmement.
« Ça ne me dit rien. Pourquoi toutes ces questions ? »
Que devais-je lui dire ? Que mon oncle m'avait demandé de rester loin de lui ? Je n'en étais pas capable de toute façon. Rien qu'à le sentir si proche de moi, alors que j'étais encore dos à lui,
je n'arrivais pas à retrouver tous mes esprits.
« Rien d'important. Tu ne me parles jamais de toi.
- Que veux-tu savoir ? »
Je restai sans voix quelques secondes puis me tournai vers lui, heureuse qu'il se décide enfin à ne plus esquiver mes questions.
« Je ne sais même pas quel âge tu as, ni ce que tu fais, ni d'où tu viens. Tu ne me parles pas non plus de ta famille. Enfin... En somme, il y a beaucoup de choses que j'aimerais
savoir. »
Je ris doucement et trempai mes lèvres dans ma boisson. La brûlure de l'alcool me rappela que ça faisait déjà longtemps que je ne buvais plus.
« Effectivement... »
Je le regardai s'asseoir à sa place habituelle et tapoter ensuite la table pour que je l'y rejoigne. Je m'exécutai sans me faire prier.
« Je ne pourrais pas toujours te répondre précisément tu sais.
- Tu es amnésique ? »
Il hocha négativement la tête, l'air amusé.
« Non, mais... Tu sauras peut-être plus tard. Pour le moment, je préfère que certaines choses restent sous silence.
- On croirait que tu es un tueur à gage ! Tu ne l'es pas rassure-moi ?
- Non, je suis général.
- A ton âge ? Enfin, c'est vrai que tu ne m'as pas dit ça non plus.
- Je n'ai que 21 ans, mais je ne suis pas dans l'armée. En fait, c'est un peu... compliqué. Je travaille pour un homme très riche dont le... système de sécurité, appelons ça comme ça, est dirigé
par sept généraux. Eux-mêmes suivent les ordres d'un général en chef, en l'occurrence, moi.
- Ça reste jeune pour une telle fonction.
- Disons que la relation entre mon patron et moi est un peu particulière. Il me doit beaucoup, alors ça a joué.
- Il est de ta famille ?
- Je n'ai plus de famille. Mes parents sont morts alors que j'étais très jeune. Je ne me souviens pas vraiment d'eux. Je suis resté seul avec mon jumeau, Saga, durant quelques temps dans un
orphelinat. Un homme nous a pris sous son aile plus tard. On a appris beaucoup auprès de lui, mais ses méthodes et points de vue ont créé quelques... divergences entre mon frère et moi.
Finalement, je me retrouve seul.
- Oh... Désolée d'avoir abordé le sujet. »
Il fit un mouvement de la main, comme pour balayer mes excuses.
« Tu n'aurais pas pu savoir sans que je t'en parle de toute façon.
- Hum, c'est assez juste. »
Je gardais le silence, buvant le reste de mon verre. Les yeux dans la vague, je réfléchissais à ce qu'il m'avait dit. Il était malgré tout resté assez évasif, mais j'en avais appris plus sur lui
durant ces quelques minutes que durant les mois passés.
« Tu veux encore boire quelque chose ou je peux nettoyer ?
- Ça ira pour ce soir. Tu veux que je fasse la vaisselle ? Je t'ai retenue tard cette fois.
- Ce n'est pas de refus. »
Nous échangeâmes un léger sourire, puis je me levai. J'allai chercher un chiffon et du produit pour nettoyer le comptoir alors que Kanon s'occupait des derniers récipients laissés dans l'évier.
Tout à ma tâche, je ne prêtais bientôt qu'une attention distraite à ce qu'il faisait, fermement décidée que j'étais à en finir une bonne fois pour toute avec les corvées d'avant fermeture
complète du bar. Sa présence derrière moi alors que j'en finissais avec les tables me fit sursauter, surtout lorsque ses mains sur mes hanches m'obligèrent à me retourner.
« Kanon ? Laisse-moi donc finir...
- Tu es si pressée que je m'en aille ?
- N... Non.
- Ça tombe bien, moi non plus.
- Tu n'es pas un peu... trop près ?
- Pas encore assez si tu peux parler. »
Son visage était à quelques centimètres du mien. Je lâchai finalement le chiffon qui tomba au sol dans un bruit sourd. Hypnotisée par ses lèvres qui s'approchaient des miennes trop doucement à
mon goût, je m'appuyais sur la table pour l'embrasser. Une demi-seconde plus tard pourtant, il relevait la tête. Je restai hébétée un court instant et levai les yeux vers lui. Son visage
auparavant doux avait retrouvé toute la dureté qu'il avait lorsqu'il était arrivé. Je tournai la tête pour regarder vers la porte sans comprendre, alors qu'il se détachait complètement de
moi.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
Il se dirigea droit vers l'entrée sans répondre. Je voyais ses yeux fureter à l'extérieur, alors qu'il fronçait les sourcils peu à peu.
« Kanon ?
- Ouvre. »
Je restai sans réagir.
« Gaia, s'il te plait. »
Un soupir plus tard, j'insérais la pièce de métal dans la serrure et déverrouillai la porte.
« Reste à l'intérieur. Surtout, tu ne sors pas. »
Je n'avais jamais été connue pour mon extrême obéissance. Je le laissai donc s'éloigner, un peu inquiète puis fis quelque pas à l'extérieur. Plus loin dans la rue, je vis trois silhouettes faire
face à Kanon, lequel semblait recouvert d'une armure que ses cheveux ne suffisaient pas à cacher. Je plissai un peu les yeux pour mieux voir, restant tout de même à bonne distance quand d'un
coup, ils disparurent de ma vue. Et je m'évanouis.
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